En raison d'une activité manuelle importante et de la complexité des flux à traiter, les salariés des filières déchets sont exposés à de nombreux risques. Si les accidents violents et souvent mortels enregistrés chez les ripeurs viennent tout de suite à l'esprit, les expositions à des substances dangereuses ne sont pas négligeables, mais pas assez connues. Faute de suivi régulier et de données sur une longue période, le bilan médical dans ce secteur reste ténu. Pour en savoir plus, Sépia Santé, bureau d'études intervenant dans le secteur de la santé publique et environnementale a publié une étude intitulée : « Pratiques de suivi médical des salariés des filières déchets » sous l'égide de Record. Dans le cadre de ce travail, une enquête menée auprès de médecins du travail montre que le problème principal rencontré dans les filières du déchet porte sur le manque de données sur les expositions. Or les contenus de suivi sont définis en fonction des expositions. L'étude révèle également des suivis relativement hétérogènes pour des professionnels de mêmes filières. Les experts consultés soulignent aussi le manque d'information sur les effets sanitaires et la méconnaissance par les médecins des métiers et des entreprises du déchet. Concernant la réglementation, ils disent être satisfaits de la SMR (surveillance médicale renforcée) car elle impose un suivi régulier des professionnels. Toutefois, selon eux l'amélioration du suivi ne passe pas par l'introduction de nouvelle législation. Plusieurs propositions sont émises à l'issue de ce travail afin d'améliorer le suivi médical des professionnels du déchet : des études métrologiques, épidémiologiques, l'organisation de réunions d'échanges entre professionnels du déchet et médecins du travail, une organisation en réseau des médecins du travail à l'échelle d'une grande entreprise afin de définir des contenus de suivi et les harmoniser.