« N
otre procédé d'imprégnation à sec des non-tissés consomme trois à cinq fois moins d'énergie que le procédé traditionnel, où les non-tissés doivent être imprégnés d'un latex liquide, pressés, avant de passer dans un four pour évaporation », pose Jérôme Ville, directeur commercial et du développement de Fibroline. Cette société a en effet développé une poudre polymère qui imprègne la structure poreuse du non-tissé sous l'effet d'un champ électrostatique alternatif. Pas d'eau, pas de solvant. « Sous l'effet de ce champ, la poudre change de polarité, et cela crée un mouvement qui permet l'imprégnation », explique Jérôme Ville. Le contrat avec un équipementier automobile français doit être signé prochainement, pour démarrer la production début 2014. Si, en théorie, toutes les poudres peuvent être utilisées, un développement spécial a été nécessaire pour répondre aux exigences du secteur automobile en termes de moulabilité (pour le procédé de thermoformage), de résistance à l'abrasion et de rigidité. Et, particularité, la poudre époxy utilisée est un déchet de l'industrie de la peinture automobile. Ce projet est soutenu à hauteur de 50 % par le programme européen Eco-innovation. Ce procédé est déjà utilisé par le belge Beaulieu pour la fabrication de revêtements de sol pour les espaces d'exposition, ce qui permet de les recycler au lieu de les envoyer en centre d'enfouissement.