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RECYCLAGE

La maîtrise du gisement : un facteur clé pour nos secteurs

LA RÉDACTION, LE 1er JUIN 2013
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Recyclage Récupération : Comment s'inscrit le secteur dans la situation économique actuelle ? Jean-Philippe Carpentier : Il existe des différences d'une branche à l'autre. D'une manière générale, l'industrie du recyclage ne peut valoriser que ce qui est produit et consommé. Cela paraît évident, mais l'on se rend compte que les baisses de volumes sont là, en particulier pour les métaux ferreux et non ferreux, et les VHU, pour qui c'est encore plus flagrant. Nous subissons les contrecoups de la baisse de la consommation, donc nous avons des chantiers qui sont moins bien alimentés qu'ils ne l'étaient. Les prix se maintiennent parce que la demande est encore là. Le prix des nouvelles matières premières est en deçà de ceux des matières vierges. Les baisses viendront au cours du second semestre. Dans les entreprises, les problèmes concernent les trésoreries. Les PME et TPE qui ont réalisé des investissements sont parfois dans la difficulté. Nous sommes très vigilants sur ce point. Nous avons rencontré des représentants d'Oséo pour tenter de mettre en place une charte afin que nos adhérents aient un véritable accès aux crédits à court et moyen terme. Si certaines banques ne jouent pas le jeu, il faut que nous puissions monter au créneau auprès d'Oséo et du médiateur pour que les crédits soient débloqués. Oséo dispose de fonds destinés à l'économie réelle et invite les entreprises à aller voir leurs banques. L'idée est d'avoir une action Federec - Oseo afin que la fédération puisse intervenir et faire remonter les informations auprès des ministères concernés. Le souci est de permettre à nos adhérents de passer ce cap en termes de trésorerie et de financement. R. R. : Le risque est de voir disparaître le tissu des PME… J.-P. C. : C'est lui le plus fragile et qui a le moins accès à tous ces dispositifs de financement. Ce n'est pas évident d'y accéder. C'est un dossier que nous prenons à bras-le-corps et c'est un apport de la fédération pour ses adhérents. R. R. : Quelles sont les relations entre les entreprises du recyclage et les industriels consommateurs ? J.-P. C. : L'industrie consommatrice et même la grande distribution s'intéressent de plus en plus à nos matières. La question de la propriété des matériaux collectés se pose. Comment faire pour que l'industrie du recyclage, qui est la vraie valeur ajoutée entre la consommation et la remise sur le marché, ne puisse pas se retrouver dépourvue de ces matériaux et de leur propriété. Pour moi, c'est un vrai risque pour la profession dans les années à venir. Dans le même temps, et c'est l'aspect positif, nous sommes face à des industriels comme nous. Nous parlons le même langage, avons les mêmes intérêts et l'envie de continuer à développer ces activités en France avec les matériaux qui sont issus de la production française. Comme dans toutes choses, il faut du dialogue et de la communication. La profession est à un tournant. Jusqu'à présent, nous prenions un déchet et nous en faisions une nouvelle matière première qui partait vers d'autres horizons. Nous sommes de plus en plus dans une économie circulaire. La matière revient là où elle a été générée. Certains industriels pensent que celle-ci pourrait continuer de leur appartenir sur tout le cycle pour garantir leur approvisionnement et leurs coûts. Une sorte de bataille est en train de se livrer, puisque les ressources deviennent rares et chères. R. R. : Pensez-vous que la propriété des déchets et des matières sera un enjeu important ? J.-P. C. : La maîtrise du gisement est un facteur clé pour nos secteurs. Elle touche d'autres domaines. Les minéraliers, par exemple, avec le PET recyclé face au renchérissement du pétrole et des matières vierges. La grande distribution s'y met également avec ses marques en propre. De grandes enseignes créent des outils pour récupérer des bouteilles directement sur leur parking. Il est toujours difficile de développer une industrie lorsque l'on n'a pas de visibilité sur ses approvisionnements. R. R. : Avec un intermédiaire qu'est l'éco-organisme dans certains cas…  J.-P. C. : Il faut relativiser le rôle des éco-organismes. Nous sommes en post-consommation des ménages sur 10 % des volumes, il reste 90 % en post-consommation industrielle, plus la grande distribution. Certains éco-organismes essaient d'avoir la mainmise sur les gisements. D'ailleurs plusieurs enquêtes parlementaires sont en cours sur le rôle et la place des éco-organismes dans la réalisation des objectifs de recyclage et dans leur action. Nous avons eu l'occasion d'exprimer notre position. L'éco-organisme est pertinent en l'absence de débouchés lorsqu'il n'y a pas de marché. Il faut massifier, mettre en place la filière, ce qu'ont fait Eco-emballages et Valorplast à l'origine. Il n'y avait pas de marché pour les plastiques PET et PEHD post-consommation. Une fois que l'économie normale s'en empare et que la filière devient autonome, les organismes doivent pouvoir se retirer et laisser faire l'économie classique, ne pas intervenir comme une entreprise. Nous plaidons pour un éco-organisme à géométrie variable. Le livre blanc de Federec et ses sept propositions était une contribution en ce sens.*


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