Le département déchets et matières premières du BRGM a étudié jusqu'en mars dernier le développement des techniques de fragilisation des déchets de béton en vue d'un recyclage à forte valeur ajoutée. Ce projet financé par l'ANR a regroupé plusieurs partenaires industriels et universitaires (Pichetta, Colas, Selfrag, université de Toulouse, Laboratoire IMS de Bordeaux) avec l'objectif d'étudier deux techniques de séparation des composants granulats et ciments, présents dans le béton : la fragmentation par microondes et l'électro-fragmentation par arc électrique. Testées en laboratoire sur échantillons, ces techniques libèrent les granulats contenus dans les bétons et séparent les fines (< 1 mm) en vue de leur valorisation en pâte de ciment. Selon Solène Touzé, du BRGM, la qualité des granulats produits est voisine de celle des granulats naturels et les fines peuvent entrer dans la filière ciment. Les filières existantes à ce jour valorisent les déchets béton comme graves ou ajout partiel dans les centrales à béton. Le béton simplement broyé est revendu à très bas prix, tandis qu'une séparation des composants pourrait développer une nouvelle filière économique pérenne, en particulier pour les fines de ciment. Sous réserve que l'industrie cimentière joue le jeu. Aujourd'hui, le projet est en stand-by. Le montage de sites pilotes est nécessaire pour valider ces techniques sur le plan industriel. Le BRGM compte sur l'intérêt actuel des pouvoirs publics à l'égard des éco-industries pour lever un nouveau financement. Le recyclage des déchets de démolition oui, mais pas de « downcycling ».