Mécanisation oblige, les machines sont de plus en plus présentes dans les centres de tri. Mais le tri manuel reste indispensable, en particulier pour peaufiner le travail des machines, y compris les plus sophistiquées d'entre elles. Ainsi, après des trieurs optiques, un surtri et un contrôle qualité restent incontournables. En France, quelque 7 000 salariés travaillent dans les centres de tri où passent environ 3 millions de tonnes de déchets par an. Les troubles musculo-squelet-tiques (TMS) constituent l'un des risques les plus courants pour tous ceux qui continuent d'effectuer quotidiennement de nombreux gestes répétitifs, même si l'automatisation a entraîné une diminution sensible de leur nombre.
La question de l'ergonomie des équipements que sont les tables, cabines et autres tapis de tri est plus que jamais d'actualité. Depuis janvier 2012, et afin de réduire les TMS des agents de tri, l'Afnor prépare une norme sur l'ergonomie des cabines. Quant à leur conception, il n'existe là non plus aucune norme au niveau français, européen ou international. « La future NF X35709 délivrera des exigences sur les structures, les matériels, les espaces et les postes de travail nécessaires pour réaliser l'activité de séparation des produits effectuée sur des tapis en cabine de tri manuel », indique l'Afnor. Une commission constituée d'experts travaille depuis de long mois à son élaboration. Professionnels, fabricants et exploitants de centres de tri ont été invités à contribuer à cette réflexion. La publication est attendue pour janvier 2014.
Cer tains concepteurs et constructeurs d'équipements sont déjà mobilisés autour de ces questions. « Au-delà de la souffrance humaine, les TMS sont à l'origine de gênes de l'activité professionnelle et parfois même de risques psychosociaux», note l'ingénieriste ensemblier Ebhys, qui dans le cadre de ses activités R & D travaille depuis plusieurs années à l'amélioration de l'ergonomie des postes de travail. En 2012, il a développé « en partenariat avec un ergonome, un poste de tri permettant des positions plus confortables et moins contraignantes ». Intégrant les dernières orientations des spécialistes de l'INRS (Institut national de recherche et de sécurité) et de la Carsat (Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail), il permet de changer aisément de posture de tri, de la position debout à celle assise, en passant par la position « assis-debout ». Il limite les amplitudes des gestes de tri et s'adapte automatiquement aux différentes morphologies.
Faciliter la tâche, renforcer l'efficacité
Une réduction des gestes de tri et une meilleure posture ne sont pas les seuls critères qui monopolisent l'attention des concepteurs et fabricants. Le dépoussiérage des installations et les questions acoustiques jouent aussi un rôle important quant à la qualité des conditions de travail. Enfin, les fabricants travaillent à l'amélioration des équipements de convoyage et d'alimentation des lignes et machines de tri (trémies d'alimentation automatisée, fonds mouvants, ouvre-sacs) qui viennent faciliter la tâche des agents, tout en renforçant l'efficacité des machines installées.