Les premiers déchets de Stocamine seront bientôt retirés. De procédures administratives en contestations, onze ans se sont écoulés depuis l'incendie de 2002 qui a rendu inopérant ce centre de stockage souterrain de classe 1 et 0 de Wittelsheim (Haut-Rhin). Quelque 4 700 tonnes de déchets seront extraits à partir du printemps afin de les stocker définitivement dans une ancienne mine de potasse en Allemagne. Ils contiennent de l'arsenic, de l'anti moine et surtout du mercure, considéré comme le danger principal pour la nappe phréatique. Confiée pour sept ans aux allemands SaarMontan et GSES et au groupe régional Lingenheld, l'opération de 84 millions d'euros ne pourrait être que le début de la fermeture définitive du site qui est envisagée selon quatre autres scénarios, moyennant une dépense allant jusqu'à 150 millions d'euros et l'enlèvement de la quasi-totalité des 44 000 tonnes de déchets. Après des années de controverses entre associations locales et anciens mineurs défenseurs d'un déstockage total d'une part, la société publique Stocamine partisane du confinement d'autre part, une concertation publique de trois mois s'achèvera mi-février, sous l'égide de la Commission nationale du débat public. Elle met clairement toutes les options sur la table. Au final, c'est l'Etat-actionnaire-payeur qui tranchera. « Le coût est un critère, mais au même titre que la sécurité des personnes et la protection de l'environnement », souligne l'ingénieur des Mines Alain Dorison, son représentant dans la concertation.