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Un marché fragile

LA RÉDACTION, LE 3 MARS 2014
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Retour en arrière pour la ferraille française. En 2013, les volumes collectés se seront situés entre 14 et 15 millions de tonnes, selon les données encore provisoires fournies par Federec. Le bilan restera bien meilleur que l'important creux de 2009 (12 millions de tonnes), mais il traduit un recul de l'ordre de 10 % par rapport à 2011 et 2012. Les principales sources sont toutes en diminution. « Cette conjonction à la baisse constitue un événement marquant de 2013 », appuie François Selton, coordinateur ferrailles chez Derichebourg. Alors qu'ils représentent un bon quart des volumes, les VHU (véhicules hors d'usage) reculent, en cette année sans prime à la casse et marquée par une nouvelle baisse du marché du neuf. Selon les premières indications, leur diminution serait limitée à quelques pour cent, sans commune mesure avec la baisse de 20 % de 2012, mais le bilan n'est pas réjouissant. Pesant pour un quart des gisements, les chutes neuves d'industrie ne se portent pas mieux. Des reculs de 20 % sont signalés sur certaines familles. « C'est la baisse la plus importante depuis fin 2008, courant 2009 », constate Maxime Lautard, dirigeant de FML, qui s'intéresse principalement aux E8 et E8C. Automobile, mécanique, métallurgie : aucun des piliers n'est dynamique, les seules satisfactions relatives enregistrées par FML viennent de l'aéronautique. « En toute logique, les chutes neuves ne font que suivre le mouvement général de l'activité industrielle. La faiblesse de l'investissement signifie aussi que l'on démolit moins d'installations, si bien que cette source-là se tarit également », commente Jean-Pierre Gaudin, président de la branche ferreux de la fédération du recyclage. La demande recule Au total, les facteurs de baisse sont jugés suffisamment forts pour ne pas espérer un rebond significatif en 2014. Face à cette offre en petite forme, la demande recule également. Ce qui a au moins l'avantage d'équilibrer le marché. « Il n'y a aucun problème d'approvisionnement des clients », confirme Jean-Pierre Gaudin. Dans l'Union européenne, la production totale d'acier a reculé de 1,8 % en 2013, a annoncé World Steel le 23 janvier. En attendant les chiffres détaillés, il est certain que la filière électrique connaîtra une baisse supérieure à cette moyenne. Après l'arrêt depuis 2012 de l'installation luxembourgeoise d'ArcelorMittal à Rodange et Schifflange (ronds à béton et fils), l'année passée a été marquée par une nouvelle réduction notoire de capacité : la fermeture du site Duferco de La Louvière (Belgique), l'un des plus gros consommateurs de ferrailles, chutes neuves en particulier, avec ses quelque 1,2 million de tonnes annuelles. Les inquiétudes se focalisent désormais sur l'avenir d'Ascométal. En France, la filière électrique affiche une diminution des volumes produits de 10 %, soit 5,49 millions de tonnes, un niveau comparable à celui réalisé en 2010. Or, elle représente la moitié des écoulements de ferraille. « Les aciers pour béton, source des tonnages principaux de la filière, sont restés stables, voire légèrement en croissance grâce à une bonne tenue au premier semestre. Les gros coups de frein viennent des tubes et de l'exportation d'acier pour relaminage qui recule d'environ 20 % compte tenu de la conjoncture économique, voire des incertitudes politiques, d'une rive à l'autre de la Méditerranée », relate Bernard Bertier, directeur du pôle statistique de la FFA (Fédération française de l'acier). Par rapport à l'avant-crise, la production de la filière électrique française chute de 27 %. Mais le carnet de commandes des sidérurgistes fait apparaître des lueurs d'espoir. « Il s'améliore, les clients font état d'une visibilité un peu meilleure, de l'ordre d'un trimestre, ce qu'ils n'avaient pas connu depuis longtemps », rapporte Olivier Fassin, dirigeant de Sofrest. GDE relate également des visibilités portées jusqu'à un semestre pour certains de ses clients. Eurofer table sur un rebond de production de 2,5 % en 2014 pour la sidérurgie de l'Union avec une croissance de tous les débouchés, y compris ceux de la filière électrique (construction, tubes…). Léger mieux pour la fonderie Le secteur de la fonderie fait un peu mieux : en France, ses volumes n'ont reculé que de 5% sur les onze premiers mois de 2013, selon la Fédération Forge Fonderie. Pas de quoi compenser significativement puisqu'il ne représente qu'environ un dixième de la consommation de ferrailles. Dans ce contexte difficile, l'exportation de ferrailles hors Union européenne demeure une planche de salut. En 2012, elle représentait 908 000 tonnes contre 5,284 millions de tonnes exportées à l'intérieur de l'Union, selon Federec. « Tous les récupérateurs s'efforcent de la développer, quelle que soit leur taille, en recherchant des implantations au bord de l'eau », estime Corine Buffoni, porte-parole de GDE. « La tendance n'est pas spectaculaire, mais réelle quand même : dans notre groupe, la part de l'export est passée en quelques années de 45 à 55 %, nous cherchons à exploiter au maximum l'atout de notre positionnement sur la façade maritime. L'écoulement de proximité devient plus difficile », confirme Olivier François, directeur du développement de Galloo France. Avec son record mondial de plus de 20 millions de tonnes importées par an, la Turquie vient immédiatement à l'esprit de chacun, en premier lieu pour les ferrailles HMS 1 & 2. Mais elle n'est plus l'exutoire facile qu'elle était, préviennent les acteurs du marché. Les signaux d'avertissement sont multiples, sans qu'ils obligent à tomber dans l'alarmisme. L'euro fort incite les acheteurs turcs à se tourner vers la zone dollar. Ces derniers temps, la sidérurgie du pays trouve un intérêt économique à court-circuiter la ferraille en se fournissant directement en billettes chez ses voisins de la mer Noire (Russie, Ukraine…), sans que l'on sache si le revirement sera durable. La Turquie n'a pas construit tout récemment de nouvelle aciérie jouant les « aspirateurs » de ferrailles. Phénomène plus profond en revanche, le développement industriel du pays génère par lui-même une production interne de chutes neuves. Les gisements d'affaires complémentaires existent ailleurs, à condition de savoir « voyager », virtuellement ou réellement. « Le Pakistan manifeste une demande importante. De même, plus récemment c'est l'Iran qui fait des appels par des HMS 1 & 2 et même en paquets pour fonderies, dans la perspective de la levée de son embargo », souligne Thierry Desarbres, dirigeant fondateur de recyclingtransaction.com. Celui-ci voit aussi l'Afrique dans son ensemble comme une « nouvelle frontière ». « Il y a bien sûr le Maghreb. L'Algérie est acheteuse, notamment de fers à béton en ce moment. L'Afrique du Sud manifeste aussi du potentiel, à condition de trouver des relais fiables sur place. C'est le même problème de rigueur qui rend prudent pour le développement de courant d'affaires en Afrique subsaharienne car sinon, le potentiel est là également : Côte d'Ivoire, Ghana, Cameroun, Sénégal sont consommateurs… » Et acheteurs : ces pays peuvent aussi et surtout devenir des concurrents dans l'approvisionnement des clients. L'Afrique subsaharienne regorge de ferrailles ferroviaires bon marché prêtes à alimenter le reste du monde et certains sidérurgistes européens commencent à acheminer de la matière en provenance d'Algérie, relate Thierry Desarbres. « Le mouvement reste encore récent et discret, mais il mérite qu'on y prête attention », commente le négociant. Signe des temps, il s'apprête à déménager sa plate-forme en ligne dans le Golfe persique qu'il voit comme la plaque tournante idéale entre Proche et Moyen-Orient, Afrique, sous-continent indien et Chine. Certaines provinces chinoises deviennent à leur tour exportatrices de ferrailles, « probablement dans le souci de rééquilibrer leur balance commerciale », avance Thierry Desarbres. Offre et demande évoluant dans un même sens, les prix s'en trouvent stabilisés. Sur un an, ils ont cependant légèrement baissé. Les spéculateurs de matières premières en tous genres se sont faits discrets, ce dont la filière se félicite. « Le niveau des prix est tout à fait correct, bien représentatif du marché », estime François Selton (Derichebourg). Ce qui entraîne des exigences de qualité, note toutefois Olivier Fassin : « Le client en veut pour ses euros, il hésite de moins en moins à analyser la qualité kilo par kilo et à procéder aux déclassements des volumes contenant trop de stériles. Le marché actuel implique une grande rigueur dans la préparation », poursuit-il. La couverture crédit, point noir Les acteurs interrogés tablent sur la poursuite de la stabilisation, voire espèrent une légère hausse au regard des premières tendances de 2014, toutefois encore timides. Ils ont le sentiment que les sidérurgistes n'exerceront pas de pression à la baisse étant donné que celle-ci risquerait de se répercuter sur le prix de vente de leurs propres produits, ce que leur situation financière ne leur permet pas. Les yeux moins rivés sur l'écran des cours, les acheteurs vont avant tout porter leur attention sur la couverture crédit des clients. « Le gros souci est là », estime Maxime Lautard. Des baisses considérables de plusieurs dizaines de points ont été observées jusqu'à des annulations complètes ou des couvertures ridicules de quelques dizaines de milliers d'euros pour des contrats de plusieurs centaines de milliers de tonnes ! Les assureurs crédits sont critiqués pour leur frilosité. En attendant, il faut faire avec. « On revient aux exagérations de 2009, mais la donne a changé : les sidérurgistes disposaient alors encore de trésorerie qui les rendaient plus solvables, constate-t-il. Dans la situation d'aujourd'hui, il n'y aura guère d'autre choix que de livrer au-delà du montant couvert. Toute la question pour chacun, c'est l'ampleur du dépassement qu'il est disposé à faire, autrement dit le degré de risque qu'il veut prendre. 2014 sera une année de vigilance extrême sur les garanties de paiement. »


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