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[Tribune] Plastiques et économie circulaire : oui, c’est conciliable !

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[Tribune] Plastiques et économie circulaire : oui, c’est conciliable !
Par Marc Madec, directeur du développement durable de la fédération de plasturgie et composites, le 29 avril 2019
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"Et si la filière plasturgie était l’une des clés fondamentales pour agir sur la réduction des déchets plastiques en s’appuyant sur l’économie circulaire ?" C’est la question que pose cette semaine Marc Madec, directeur du développement durable de la fédération de plasturgie et composites.

De prime abord, la question peut surprendre dans le contexte actuel de "plastic bashing". Pourtant, cette même filière n’a pas attendu les polémiques pour s’impliquer activement et concrètement dans le développement de l’économie circulaire à l’échelle du pays. Contrairement aux idées reçues, ses industriels contribuent déjà à ce changement de paradigme. Tour d’horizon des enjeux à relever et d’exemples concrets.

Un million de tonnes de matières plastiques recyclées utilisées d’ici 2025 en France. Ce cap à atteindre n’émane pas d’un prévisionniste lambda mais de l’industrie de la plasturgie elle-même qui se mobilise et entend apporter des réponses concrètes. Trop souvent exagérément pointée du doigt comme étant le problème qu’il faut supprimer à tout prix et remplacer par autre chose, cette industrie démontre ainsi qu’elle est porteuse de solutions au même titre que d’autres acteurs. L’une de ces solutions est notamment la mise en place de réseaux d’économie circulaire viables à long terme. L’idée consiste à collecter, trier et régénérer ce plastique pour des usages ultérieurs. En d’autres termes, une bouteille PET (polytéréphtalate d’éthylène) usagée peut devenir une nouvelle bouteille, une couette, une panière ou même un pullover polaire. Ce cycle vertueux est au coeur de l’économie circulaire. Avec en prime, un effet réellement positif sur l’environnement. En revanche, il convient de satisfaire à certains critères pour s’assurer que cette économie tienne ses objectifs sur le long terme.

Concevoir avec moins de matière

Tout d’abord, il est urgent de généraliser à l’ensemble de la chaîne de production des plastiques une logique d’éco-conception. Cela impose de considérer très en amont la problématique environnementale. Autrement dit, la conception d’un produit en plastique doit déjà être pensée sur l’écran de modélisation de l’ordinateur avec une visée stricte : économiser la matière plastique nécessaire à la fabrication, limiter le gaspillage en évitant les caractéristiques superflues et intégrer au maximum des matières plastiques recyclées (MPR). À cet égard, la filière plasturgie est bien avancée dans cette transition. 50% des entreprises du secteur intègrent déjà des MPR dans la fabrication de leurs nouveaux produits. Autre point majeur : la durée de vie des produits. Elle doit être là aussi pensée et optimisée dès la naissance du produit afin de mettre sur le marché des produits éco-responsables, réutilisables et moins rapidement obsolètes.

C’est l’affaire de tous

Ensuite, le recyclage et la réutilisation des matières plastiques n’est pas l’apanage d’un seul et unique acteur, à savoir l’industriel de la transformation du plastique. Tous les acteurs sont concernés par ce chantier. En amont, ce sont par exemple les fournisseurs de matériaux plastiques vierges, biosourcés, biodégradables et recyclés qui doivent privilégier les plastiques présentant les meilleures performances environnementales. En aval, ce sont les industriels qui ont besoin d’objets plastiques pour leurs propres produits manufacturés comme les emballages, les canalisations, les pare-chocs, les équipements urbains, etc. De cette collaboration étroite, dépendent l’identification et l’exploitation des gisements de déchets plastiques. Plus ces gisements seront importants en volumes, plus il sera possible de les valoriser économiquement pour monter des filières de recyclage durables.

Un exemple ? Le secteur du BTP génère d’importantes quantités de déchets plastiques. Néanmoins, il n’a pas toujours d’autre solution que de les mettre en décharge. Avec une filière organisée, ces déchets à gros volume pourraient au contraire quitter les chantiers pour aller directement chez les régénérateurs et les recycleurs. Aujourd’hui, selon l’Ademe, seuls 20% des déchets plastique du secteur du BTP sont recyclés tandis que la moyenne européenne se situe autour de 26%. En massifiant plus intensément la collecte, les conditions d’une économie circulaire peuvent donc se mettre en place d’autant que la majorité de ces déchets en question jouit d’un fort potentiel de réutilisation (PVC, PET, PEHD, etc).

Ca roule pour le plastique circulaire

Enfin, et il s’agit sans doute là de l’enjeu le plus déterminant dans la capacité de la filière à contribuer à l’économie circulaire, il faut que les donneurs d’ordre intègrent dans leurs cahiers des charges davantage de produits intégrant des matières plastiques recyclées (MPR). À cet égard, l’industrie automobile présente des perspectives prometteuses. Aujourd’hui, une voiture moderne pèse en moyenne 1.500 kg, dont 12 à 15 % de matériaux sont faits de plastiques. Cet allégement généré par toutes les pièces en plastique d’une voiture permet à son utilisateur d’économiser 750 litres de de carburant pour un total, en moyenne, de 150.000 km parcourus. Des économies non négligeables qui se traduisent, pour le consommateur, par une économie sonnante et trébuchante d’environ 1.000 euros (pour 1,33 euros/litre). Un gain non négligeable à l’heure où le prix à la pompe préoccupe grandement les Français. Sans oublier une empreinte carbone grandement améliorée.

En plus d’alléger leurs véhicules grâce aux plastiques, les constructeurs explorent aussi l’introduction croissante de matières plastiques recyclées. En juin 2018, Volvo a ainsi dévoilé une version spéciale de son SUV XC60 pour illustrer son ambition ultime : utiliser au moins 25% de plastique recyclé dans chacun de ses nouveaux modèles à l’horizon 2025. Ce modèle embarque ainsi des composants en matériaux recyclés en remplacement de composants équivalents en plastique vierge. L’intérieur se dote notamment d’un tunnel central en fibres renouvelables et plastiques issus de cordages marins et de filets de pêche usagés. Les sièges de la voiture intègrent des fibres en PET issues de bouteilles en plastique.

Enfin, le matériau insonorisant sous le capot est issu de sièges de vieux modèles Volvo. À travers tous ces exemples, la filière plasturgie avec ses fournisseurs et ses donneurs d’ordre prouvent qu’il est possible de passer d’une économie du déchet laissé en l’état, à une économie qui fait du déchet une source de valorisation économique, d’emplois nouveaux et d’une empreinte environnementale fortement réduite. C’est à cette condition qu’émergera une économie circulaire viable et durable. Dans le plastique, rien ne se perd, tout se transforme !
Marc Madec, directeur du développement durable de la fédération de plasturgie et composites
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