Profitant du bouillonnement d'idées suscité par le Grenelle de l'environnement, le Groupement des autorités responsables de transport ( Gart) a rendu publique une étude évaluant à 10 milliards d'euros environ, sur dix ans, les besoins en financement des grands projets de transport collectif en site propre en cours ou en attente de réalisation. Depuis la fin des subventions d'État, en 2004, les collectivités maîtres d'ouvrage rament pour boucler leurs budgets. Elles ne peuvent toujours pas toucher aux recettes de la Tipp, dont le Gart réclame depuis des lustres une partie affectée. Elles sont très rarement éligibles aux aides européennes et sont « toutes ou presque au taux plafond du versement transport », une taxe qu'elles perçoivent des entreprises installées sur leur territoire. « Depuis 1999, le besoin de financement des transports collectifs en site propre augmente de plus de 5 % par an », s'énerve Michel Destot, président du Gart et maire de Grenoble. Le produit du versement transport a crû de 5,7 % par an et les ponctions sur les budgets généraux des collectivités de 8,4 % depuis cette date, le tout pour financer des dépenses d'investissement, mais aussi de fonctionnement, alors que les recettes commerciales « n'augmentent pas dans les mêmes proportions ». Jean-Louis Borloo, assez réceptif sur le sujet depuis que son ancienne ville, Valenciennes, a son tramway, a demandé au Gart de lui présenter le kilométrage de lignes en projet qu'il lui faudrait aider. L'étude le chiffre à 600 km en se tenant aux projets de tramway (comme à Marseille ou Reims) et de tram-train (comme à Mulhouse). Le Gart compte aussi sur un effort des banques pour proposer des prêts mieux bonifiés et, dans une moindre mesure, sur un hypothétique péage urbain, auquel il est « favorable sur le principe ». « L'expérience montre que quand l'offre de transport collectif s'accroît, la fréquentation croît », conclut Michel Destot.