L'appel de la mer ne se dément pas. Surtout quand il s'agit d'énergie. En ces temps de décarbonisation énergétique, il faudra bientôt intégrer dans votre vocabulaire le terme d'hydrolienne, pour qualifier les installations exploitant l'énergie des courants marins, aux côtés de celles des vagues (qu'exploite la houlienne, ou centrale houlomotrice) et des marées (centrale marémotrice). Ce marché est en effet pris très au sérieux. Les plus grands groupes de l'énergie s'y intéressent. EDF a mis du temps à démarrer, mais Total a investi depuis 2005 dans plusieurs projets ou sociétés du secteur. Côté technologies, il y a l'embarras du choix : centrale flottante, semi-immergée, immergée, carénées ou non, à pales, à aubes ou à colonne d'air... L'offre française se défend plutôt bien, même si elle manque de retour d'expérience par rapport à ses concurrents danois, britanniques, norvégiens ou hollandais. Mais ce sera chose faite dès janvier pour Hydrohélix, une PME bretonne. Rien n'incite à baisser les bras : avec 10 millions de kilomètres carrés de territoire maritime, la France affiche un potentiel de 6 à 10 GW. Et la ressource est toujours disponible, contrairement au vent ! L'énergie houlienne pourrait fournir 417 TWh par an, soit à peu près la consommation électrique nationale annuelle. Si le coeur vous en dit (et si vous n'avez pas le mal de mer), vous pouvez aussi vous lancer dans les centrales dites « osmotiques », qui utilisent la différence de pression entre l'eau salée et l'eau douce, ou les océanothermiques, sortes de grandes pompes à chaleur sous-marines.