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Sectoriser pour mieux diagnostiquer

LA RÉDACTION, LE 1er JANVIER 2008
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Le temps des réseaux « boîtes noires » est bien révolu ! Place aux diagnostics pour évaluer l'état du système de distribution et améliorer la gestion patrimoniale. La sectorisation, qui soutient la recherche de fuites et les programmes de renouvellement, est un outil précieux pour améliorer les rendements de réseau. En 2002, l'Astee (Association scientifique et technique pour l'eau et l'environnement) a ainsi présenté à Montpellier une méthodologie définissant trois niveaux de sectorisation. Le premier, ou macro niveau, correspond à un simple suivi des volumes qui entrent dans le réseau par instrumentation des ouvrages (stations de pompages, réservoirs) à comparer aux volumes consommés pour disposer d'indicateurs techniques faciles à suivre. Le deuxième niveau, au coeur de la méthode, consiste à découper le réseau en tronçons de 10 à 50 km, voire moins, pour accéder aux volumes journaliers distribués par secteur et aux débits de fuite. Ces débits nocturnes correspondant à la consommation minimale sont censés être constants. Toute pointe devient un indicateur potentiel de fuites, d'où l'intérêt d'un suivi permanent via l'installation d'appareils de comptage de l'eau. Enfin, au dernier échelon, des manipulations de vannes peuvent servir à isoler les sous-secteurs les plus fuyards et à entamer une prélocalisation de fuites par comptage. Isoler des secteurs de distribution La subdivision du réseau va isoler de grandes zones hydrauliques homogènes quant à des critères comme l'urbanisation ou les usages de l'eau. Une étape plus facile à mener sur des réseaux ruraux où la délimitation des secteurs correspond souvent aux périmètres entre les points d'alimentation desservis. « C'est beaucoup plus complexe en milieu urbain, sur des réseaux très maillés dans lesquels l'eau a toujours plusieurs parcours alternatifs pour aller d'un point à l'autre », souligne Gilles Boulanger, de la direction technique eaux de Lyonnaise des eaux. La modélisation hydraulique peut alors être utile pour valider les secteurs, et la sectorisation temporaire la solution la mieux adaptée pour suivre les débits de fuite. « Au lieu d'installer des compteurs sur toutes les arrivées d'eau d'un secteur, nous identifions quelques points principaux d'entrée et de sortie et réalisons ponctuellement des campagnes de mesures supplémentaires en isolant pendant vingt-quatre à quarante-huit heures les accès qui ne sont pas contrôlés en permanence. » Autre stratégie qui apparaît depuis deux ans sur les réseaux urbains très denses, à Dijon ou à Bordeaux, la prélocalisation acoustique permanente. « Dans les zones les plus maillées du réseau, comme les centres-ville historiques, le nombre de compteurs à installer peut facilement grimper en flèche. Il devient parfois plus intéressant de compléter la sectorisation par de la détection de fuites en temps réel », observe l'expert de Lyonnaise des eaux. A contrario, la sectorisation sera privilégiée sur les longs linéaires des réseaux ruraux. Sur le terrain, les collectivités qui sectorisent leurs réseaux l'adaptent à leurs besoins et à leurs moyens. Déjà mature dans les grandes villes, l'approche en est encore à ses débuts sur le reste du territoire. Vers un diagnostic permanent « Certains services en sont toujours à essayer de localiser les fuites à l'aveuglette. En orientant leurs recherches, la sectorisation leur ferait largement gagner en efficacité », observe Cyril Gachelin, formateur réseaux d'eau potable à l'Office international de l'eau. En règle générale, les mesures issues de la sectorisation sont analysées quotidiennement pour détecter un débit de nuit anormal. Le suivi de ces dérives accompagné d'une analyse complète du réseau orientera la décision d'une intervention. Il faudra déterminer si cette évolution n'est pas à attribuer à des pertes commerciales liées au vieillissement des compteurs et à certains usages de l'eau licites ou illicites. En outre, la sectorisation permettra d'estimer les volumes journaliers mis en distribution, les fluctuations des consommations et de dresser périodiquement des bilans du rendement du réseau, en fonction de la fréquence des relèves aux postes des abonnés. Des seuils d'alarme pourront également être paramétrés pour mettre en évidence l'apparition de fuites. « Ce suivi en continu nous donne une idée claire de ce qui se passe dans nos réseaux. On rentre dans une logique de diagnostic permanent des volumes mis en distribution avec pour objectif principal de maintenir le rendement », souligne Sylvie Giry, à la direction technique expertise réseaux de la Société des eaux de Marseille qui a programmé depuis 2004 la sectorisation permanente des réseaux de 30 communes (40 points de comptage opérationnels). À Marseille, l'appel d'offres en cours porte sur 130 points permanents visant à surveiller des secteurs de 30 km. Au Syndicat des eaux du mont du Lyonnais, qui distribue 3 millions de mètres cubes par an dans 71 communes, son président, Roger Peillon, mesure les bénéfices de son installation. Entre 1990 et 2000, une centaine de compteurs de sectorisation ont été installés sur les 2 300 km de réseau. Aujourd'hui, le syndicat observe une diminution de l'indice linéaire de perte et estime les économies d'eau réalisées à près de 400 000 m3/an.


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