« Sur les 200 plantes de l’herbier que m’a légué mon père pharmacien, seules une ou deux existent encore localement. C’est dire que l’urgence est réelle », explique-t-il avec conviction. Et son engagement ne date pas d’hier. Les après-midi passés à braconner avec sa grand-mère lui ont fait découvrir dès l’enfance la richesse du patrimoine naturel. Puis en tant que vétérinaire, il a naturellement entretenu cet attachement au vivant. Et l’élu qu’il est depuis 1971 défend toujours la qualité de son territoire.
Pour preuve, la création du PNR des marais du Cotentin est l’une de ses grandes fiertés. Et s’il ne manque pas de vous signaler que son département abrite les deux belles rivières à saumon, il n’oublie pas non plus les carottes de sable de Créances et le fromage Réo. « Je défends les produits de mon terroir à condition qu’ils soient fabriqués en protégeant l’environnement », reconnaît-il.
Et les OGM alors ? Le président du comité de préfiguration de la future autorité sur les OGM revendique son indépendance. « Aujourd’hui, les pro et les anti-OGM ont confisqué la parole. Il faut d’abord rassembler une connaissance objective et pluridisciplinaire sur le sujet et ensuite mettre en place une gouvernance irréprochable. » Après son rapport sur le maïs Mon 810, qui devait déclencher la clause de sauvegarde, il attendait le débat parlementaire sur la loi OGM. « Un grand moment de diversité politique », annonçait-il déjà avec humour.
Dominique Bomstein, Environnement Magazine.Réagir à cet article.