Benjamin Saint-Huile
Contractuel - 24 ans - sans enfant
Jeumont - 10 100 habitants - Nord (59) - Nord-Pas-de-Calais
« Le mérite revient à ceux qui m'ont nommé », soutient Benjamin Saint-Huile. Ce nouveau maire, le plus jeune de France dans une ville de plus de 10 000 habitants, reste modeste sur le succès de son élection (élu au premier tour avec 56,4% des voix). « Ma nomination est un concours de circonstances, considère-t-il. J'ai toujours eu envie de m'investir dans le débat public, mais je n'imaginais pas que mes propositions pousseraient les « anciens » à me placer au-devant de la scène ». Il faut reconnaître que son programme est assez moderne et chamboule pas mal de principes. Les politiques ne sont plus les représentants majoritaires de l'équipe municipale, et partagent leur pouvoir avec des hommes de terrains. « La moitié du conseil est composée par des représentants de milieux associatifs. Pour ce faire, nous avons procédé au renouvellement des deux tiers de la liste », résume Benjamin Saint-Huile. Selon lui, ce changement va permettre surtout de mettre fin à une gestion « différenciée » des quartiers, fruit de querelles entre politiques.
Mohand Hamoumou
Professeur - 52 ans - 3 enfants
Volvic - 4 600 habitants - Puy-de-Dôme (63)
Auvergne
Avant de remplacer le maire sortant, élu depuis 19 ans, le nouveau maire de Volvic, Mohand Hamoumou, a eu un parcours professionnel peu commun. Instituteur, sociologue, professeur de gestion mais aussi DRH chez Michelin puis Lafarge, c'est son expérience associative qui l'a conduit à se présenter pour la première fois à ces élections municipales. « Etre maire est une autre forme d'engagement au service des autres, considère-t-il. Avec mon équipe, nous nous sommes présentés sans étiquette partisane pour dépasser les clivages gauche-droite ; cette démarche semble avoir séduit les Volvicoises et les Volvicois ».
Elu au premier tour à près de 66% des voix, puis à l'unanimité président de la Communauté de communes de Volvic Sources et Volcans, Mohand Hamoumou a pris place dans le paysage politique local. Selon lui, ce succès s'explique par la qualité de la campagne, « une démarche très ouverte qui bouscule les schémas classiques », et par la richesse de son propre parcours. A la question « élu de la diversité ? », il répond : « si je suis un élu de la diversité, cela voudrait dire que les autres sont issus de l'uniformité ce qui serait assez réducteur ». Pour lui, l'honneur revient aux habitants de Volvic, « cette ville où j'ai grandi accueille des familles de diverses origines, l'intégration s'y est toujours faite, notamment par l'école et le sport, et elle continue à se faire chaque jour ».
Valérie Ollier
fonctionnaire - 41 ans
3 enfants
Neschers - 800 habitants
Puy-de -Dôme (63) - Auvergne
Valérie Ollier compare sa nouvelle fonction à un chef d'orchestre. « Je fais une entière confiance à mon équipe. Chacun aura des responsabilités, un bon maire selon moi doit savoir déléguer », avance-t-elle. Avant d'être maire, cette femme était contrôleur principal à l'Insee. Pendant son mandant, elle mettra entre parenthèse sa vie professionnelle, pour pouvoir garder un équilibre entre son temps passé à la mairie et sa vie familiale. Le fait d'être une femme n'a pas joué pendant la campagne, mais aujourd'hui elle avoue quand même une certaine fierté d'être la première femme maire de Neschers. Au sein de l'équipe municipale, elle a tenté de faire respecter la parité, mais plusieurs femmes ont refusé sa proposition de rejoindre le conseil municipal faute de temps. « Au final, nous sommes seulement six sur une équipe de quinze », regrette-t-elle.
Ses ambitions pour Neschers ? Donner un coup de jeune à la commune. « Nous avons pris du retard au niveau de l'urbanisme et du développement ». Pour réussir, Valérie Ollier compte bien sur la jeunesse de son équipe : la plupart sont de jeunes recrues, le doyen n'a que 62 ans.
Roland Bonnaire
Retraité - 60 ans - 2 enfants
Seurre - 2 750 habitants - Côte d'Or (21)
Bourgogne
Roland Bonnaire est un homme ouvert. Avant de porter l'écharpe, cet ancien directeur d'établissement spécialisé était conseiller municipal dans l'opposition, parmi cinq représentants sur une équipe de 23. En 2005, il remportait la vice-présidence de la Communauté de communes alors qu'il siégeait dans l'opposition. Aujourd'hui, il est élu maire au premier tour avec la totalité des sièges, parmi lesquels des conseillers municipaux de l'ancienne majorité. « Je peux travailler avec tout le monde, sourit-il. J'ai une étiquette politique difficile à porter que je sais mettre de côté. Pour moi, les compétences comptent énormément ».
Après une gestion « chaotique » du maire sortant de Seurre, Roland Bonnaire a plusieurs défis à relever : chercher de l'emploi, améliorer la communication, mais surtout « raccrocher » avec l'intercommunalité. Seurre est la commune la plus importante et « malheureusement l'ancien maire n'a pas su le mettre en avant ». Aujourd'hui, les habitants de Seurre font confiance à ce républicain convaincu pour changer l'image de la commune. Pour y parvenir, Roland Bonnaire compte sur les compétences de ses conseillers municipaux et communautaires, « tous bords confondus ».
Pierre Pluton
administrateur ANPE
59 ans - 2 enfants
Evry-Grégy-sur-Yerres
2 200 habitants - Seine-et-Marne (77) - Ile-de-France
Pierre Pluton entame son second mandat à la Mairie d'Evry-Grégy-sur-Yerres avec fierté. Elu au premier tour avec plus de 63% des voix, il occupe également le poste de vice-président à la Communauté de communes Les Gués de l'Yerres. S'il s'intéresse à la politique depuis le début des années 80, son action s'est d'abord portée sur la vie associative. En 1987, il a participé à la création d'une association, le CAPFOM dont l'objectif est de « favoriser le civisme politique vis à vis des originaires d'Outre-mer ».
Pour Pierre Pluton, les représentants d'Outre-mer doivent apprendre à « mieux se positionner » et cela sans compter sur l'étiquette « élus de la diversité ». Pour former sa nouvelle équipe municipale « aux couleurs d'Evry-Grégy-sur-Yerres », il regrette en effet d'avoir été obligé d'« aller chercher » les représentants de cette diversité. Et s'il défend les compétences avant la couleur de la peau, il accuse l'administration de mettre des freins à la participation volontaire des personnes de couleur. En attendant que les politiques changent, il poursuit avec assiduité ses projets pour la commune. Son projet phare pour 2008 : la construction d'une nouvelle école et d'une garderie ainsi qu'un plateau sportif et un centre technique municipal.
Béatrice Le Marre
Professeur - 42 ans
2 enfants
Ploërmel - 10 000 habitants
Morbihan (56) - Bretagne
En élisant Béatrice Le Marre, Ploërmel entre dans une ère nouvelle. Après trente et un ans de règne « autocratique » de Paul Anselin, maire sortant connu pour avoir fait installer un nombre record de caméras de vidéosurveillance dans les rues de la commune, la ville souhaitait du changement.
Lors des élections municipales, le contexte était assez particulier. Peut être à cause de la statue du Pape au centre de la place, personne n'osait vraiment tenir tête à ce maire imposant. Béatrice Le Marre a sauté le pas, après sept ans passés au conseil municipal. « Je me suis dit que je pouvais gagner, et le fait d'être une femme a peut-être été une chance car je me disais que je n'avais rien à perdre », se souvient-elle. Mais attention, elle n'a jamais fait de cette position un argument pendant la campagne. Et sur la question de la parité, elle comprend que cette obligation soit critiquée. « Les compétences comptent avant tout. J'ai de la chance, au sein du conseil municipal, la parité s'est faite de façon naturelle », ajoute-t-elle.
La priorité de son mandat concerne le développement économique de la commune avec entre autre la création d'un conseil économique et social local, où sont attendus citoyens et associations. « Les habitants n'ont jamais eu l'occasion de participer aux projets de la commune », regrette Béatrice Le Marre. Aujourd'hui, la « démocratie participative » est désormais de mise à Ploërmel.