En mars dernier, les habitants de Rougnac (513 habitants - Charente) élisaient leur nouveau maire en la personne de Pierre-Henri Auxire. Peu après son installation, le nouvel édile décidait de créer une fondation de « solidarité à but social et culturel ». Croyez-vous qu'il remplit alors des dossiers de demandes de subventions diverses et variées ? Eh bien non ! Le maire a tout simplement décidé que cette fondation serait alimentée par les 1 000 euros qu'il perçoit à titre d'indemnité d'élu. Une manière d'aider les jeunes dans leurs activités extrascolaires et les aînés dans leurs déplacements. Cette association a été portée sur les fonts baptismaux fin juin dans l'intimité de la commune. Elle compte dans ses rangs une conseillère municipale membre du centre d'action sociale, une infirmière à domicile, un agriculteur, une enseignante, une militante anglaise de La Croix-Rouge ou encore une retraitée. Les deux premières demandes ont concerné deux enfants âgés de 9 et 11 ans. Issu d'un milieu modeste, Pierre-Henri Auxire est directeur des ventes dans le civil et reste modeste sur ce « geste » : « On n'est pas dans une ville où le maire est à temps complet. Dans une petite commune, lorsqu'on a une responsable administrative très performante, tout passe par elle, même si le maire et le conseil tranchent. Il faut aussi s'appuyer sur les adjoints. » Et il n'est pas le seul dans son cas puisque qu'ailleurs en Charente, d'autres élus mettent la main à la poche pour améliorer l'ordinaire de leur commune. A Vindelle (1 035 habitants), par exemple, le nouveau conseil municipal dirigé par André Fricheteau a décidé de reverser 25% des indemnités du maire et des quatre adjoints pour limiter l'augmentation des impôts.