Toutes les études scientifiques ont peu à peu mis en évidence la toxicité de pesticides utilisés sans discernement. L'usage d'insecticides, de fertilisants, d'engrais, de détergents et d'autres produits phytosanitaires entraîne très souvent la contamination de l'eau, de l'air, du sol et peut avoir des conséquences sanitaires et environnementales graves. D'autre part, l'efficacité de la lutte chimique ne cesse d'être remise en question par l'observation de phénomènes de résistance aux pesticides et nombreuses sont les communes qui, tout comme Villeurbanne parient sur l'utilisation de solutions respectueuses de l'environnement et de l'équilibre biologique.
Pas de pitié pour la processionnaire
« La lutte biologique consiste à éliminer ou à réduire le nombre des espèces animales ou végétales nuisibles en les faisant dévorer par un de leurs ennemis naturels », précise-t-on à la mairie de Villeurbanne. Un auxiliaire (ou agent destructeur) bien connu est la coccinelle qui se nourrit de pucerons. A Villeurbanne, les chrysopes et leurs larves ont par exemple été introduits au square Lebossé pour limiter le développement des cochenilles farineuses et des pucerons. Il s'agit de lutte dite « par entomophage ».
D'autres méthodes consistent à utiliser des phéromones (hormone sexuelle) pour attirer les mâles dans des pièges ou tout simplement les désorienter par confusion. Ce système a été mis en place dans les marronniers. D'autres encore consistent en l'utilisation de matières actives biologiques. Le bacillus thuringiensis, par exemple, que l'on trouve dans pratiquement tous les sols, l'eau, l'air et le feuillage des végétaux, synthétise et excrète des cristaux mortellement toxiques pour certaines larves ou chenilles comme la processionnaire du pin, l'un des plus grands ravageurs forestiers en France. Plus simplement, il faut également contrôler de façon stricte l'apport en eau. Il s'agit enfin de planter ou de réintroduire certaines essences ou espèces locales qui s'adaptent et résistent mieux au climat et à l'environnement urbain. Au parc de la Commune de Paris ce sont des sorbiers, des frênes, des érables ou encore des tilleuls qui seront plantés prochainement.
Dès l'an 2000, Villeurbanne a introduit, mis en oeuvre et soutenue la « lutte biologique intégrée » dans les serres, les parcs et jardins municipaux. En l'absence de pesticides et de produits chimiques, les auxiliaires ou organismes antagonistes réussissent, depuis peu, à se maintenir sans qu'il y ait nécessité d'intervenir à nouveau. Des actions qui sont aussi la preuve d'une prise de conscience plus globale pour la municipalité de la ville qui souligne : « Nous sommes ici dans le cadre d'un équilibre retrouvé où la nature a enfin repris ses droits. A l'heure où la préoccupation environnementale est du ressort de chacun, la politique de la ville de Villeurbanne porte aujourd'hui ses fruits, et en fait l'un des fers de lance de la lutte pour l'écologie. »