Depuis France Télécom en 2003, l'Imprimerie nationale en 2005, la Poste,... les dossiers de reclassement du personnel de la Fonction publique ne cessent d'affluer. On estime à quelques milliers le nombre de fonctionnaires concernés depuis six ans. A la Mission de facilitation de l'accueil dans les fonctions publiques (MFAFP), le nombre de dossiers déjà traités s'évalue autour d'une quinzaine. Créée en 2006, cette mission dirigée par Gilles Marchandon, s'est vu confier par le Ministère des Finances et de l'Emploi, la responsabilité de traiter la fluidité des mobilités internes au sein des trois Fonctions publiques. Aujourd'hui, neuf chargés de mission, contre trois à sa création, travaillent d'arrache-pied avec le personnel des Ressources humaines (RH) des services concernés, les recruteurs potentiels des trois Fonctions publiques, et depuis peu des associations telles que l'Afnor ou des Etablissements Publics comme les Parcs nationaux ou le Centre national d'enseignement à distance (Cned).
L'équipe de la MFAFP est composée de 14 personnes, essentiellement des DRH et des juristes, tous issus de la fonction publique. Catherine Saint-Jours y est chargée de mission depuis un an et demi. « Lorsqu'une administration est touchée par une restructuration, son service RH prend contact avec nous. Les organismes nous remettent les CV des agents. Si les structures sont importantes comme France Telecom ou La Poste, alors c'est surtout géré au niveau de leurs cellules régionales de reclassement. Si la structure est plus petite, comme l'Insep (Institut national des sports et de l'éducation physique) qui correspond à une centaine d'agents, nous intervenons auprès de chacun d'eux », résume-t-elle.
Aider le personnel
à rester motivé
Fin 2008, plusieurs nouveaux dossiers sont arrivés avec l'Injep (Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire), la Marine, le Ministère de la Justice mais aussi les Thermes nationaux, les Haras nationaux et les Creps (Centre d'éducation populaire et des sports). « Tout le territoire français est impacté par la restructuration, avec La Poste notamment, même si la région Ile-de-France, site des sièges sociaux, reste plus particulièrement concernée », souligne-t-elle. Côté reclassement, certaines zones connaissent de leurs côtés des difficultés pour recruter. « Dans le cadre de la LRU, nous sommes sollicités par la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, pour trouver de nouvelles recrues. Mais dans les régions peu attractives, les candidatures pertinentes se font rares », reconnaît Catherine Saint-Jours.
Côté recruteur, c'est surtout la Fonction publique territoriale (FPT) qui offre le plus d'opportunités. Catherine Saint-Jours comme les autres chargés de mission sillonnent la France en fonction des fiches de postes à pourvoir pour motiver les potentiels recruteurs de l'intérêt du reclassement. « Le personnel issu de France Télécom par exemple peut apporter à la FPT de sacrés bonus, car ils ont acquis une grande expérience au niveau de l'informatique, le contrôle de gestion, les démarches qualité », explique-t-elle. Si certains services parviennent à reclasser en grande partie leur personnel - c'est le cas de l'Insep - d'autres dossiers sont toujours en attente. « Plus le temps passe, et plus c'est difficile de reclasser les agents. Il faut donc aider le personnel à rester motivé », poursuit-elle. Et la concurrence est rude. Car il faut aussi tenir compte des nouveaux entrants à la sortie des concours. « Les métiers évoluent, la fonction publique a aussi besoin d'accueillir de nouvelles compétences », conclut-elle.