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TERRITOIRES

Le parc du Luberon investit dans le végétal

LA RÉDACTION, LE 1er MAI 2009
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Fin 2006, le pôle d'excellence rural « Développement des bioressources et énergies renouvelables » du parc régional du Luberon était labellisé. Il porte le projet de création de quatre filières de production de matériaux locaux pour bâtiments bioclimatiques : le cèdre comme bois d'oeuvre, le chanvre textile pour l'isolation, la brique de terre crue pour l'inertie et les pailles de lavande en remplissage de bâtiments à ossature bois. Une stratégie adaptée au territoire et à ses ressources. « Nous nous sommes simplement demandés, explique Philippe Chiffolleau, chargé de mission économie, quelles étaient les productions végétales locales peu valorisées et qui pourraient l'être dans le bâtiment en favorisant une économie de proximité. » Ainsi, le cèdre ne devrait plus finir en pâte à papier ; un parc à bois, ouvert en avril, est exploité aujourd'hui par l'ONF. « C'était du gâchis pour ce bois imputrescible, parfait pour le bardage et les maisons à ossature bois », commente Philippe Chiffolleau. Un volume moyen de 200 m3 par an en provenance du seul massif du Luberon devrait être facilement atteint. Alors que les exploitants en tiraient 22 euros le mètre cube pour le papier, les communes devraient vendre celui de bois débité entre 350 et 400 euros. Le développement du chanvre textile est, pour sa part, bien avancé. Après la plantation en test, en 2008, de 5,5 hectares par sept exploitants, la campagne 2009 démarre avec 35 hectares et 21 exploitants. Proposé en big-bags de 1 m3 (à 95 euros TTC) pour l'isolation sur parois verticales, il est deux fois moins cher que les panneaux de chanvre ou de laine de bois, tout en apportant un revenu complémentaire aux agriculteurs et en régénérant les sols pauvres. Et les potentialités ne sont pas toutes exploitées. Le parc va proposer aux producteurs de récolter les graines et de les triturer pour extraire une huile aux multiples usages. Il est aussi possible d'isoler la chènevotte, très prisée pour la fabrication de dalles légères ou pour l'isolation des façades. La brique de terre crue, quant à elle, a trouvé sa place grâce à l'association d'insertion Le village, installée à Cavaillon (84), qui a relancé la production depuis septembre 2008. Son objectif : vendre 20 000 briques la première année, à utiliser pour des cloisons orientées au sud qui stockent puis restituent la chaleur pour un coût de 36 euros le mètre carré. Pour la paille de lavande par contre, tout reste à faire. Le parc a identifié un gisement de 60 000 tonnes par an actuellement brûlées, alors que cela permettrait d'isoler 1 000 maisons de 100 m2. Deux voies sont explorées. La voie humide qui mélange la paille broyée à un liant pour réaliser des murs, l'ossature bois étant noyée dans le coffrage. Et la voie sèche qui conditionne la paille en petites bottes faisant office de matériau de remplissage isolant. Trois bâtiments en construction vont permettre de tester ces matériaux. Pour la paille de lavande, la technique humide va être mise en oeuvre pour les murs du futur bâtiment du Centre régional interprofessionnel d'expérimentation en plantes à parfum, aromatiques et médicinales à Manosque (04), tandis que la technique sèche servira à isoler des planchers intermédiaires de la toiture et des murs orientés au nord. Ce bâtiment, livré à la fin de l'année, ne dépassera pas une consommation énergétique de 50 kWh/m2 par an et sera équipé de capteurs pour mesurer l'efficacité des choix technologiques. La laine de chanvre et la paille de lavande seront aussi utilisées pour un bâtiment en cours de construction par l'entreprise Mathieu Lustrerie, tandis que la nouvelle mairie d'Aubenas (07), dont les travaux démarreront l'an prochain, utilisera des balles carrées de paille de lavande pour le remplissage de son ossature bois.


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