Les traitements acoustiques qui peuvent être utilisés consistent soit, à absorber le bruit à l'aide de matériaux spécifiques placés sur les plafonds ou sur les parois, soit à isoler le local pour diminuer les sons entrants et sortants. Les matériaux utilisés font office de « rempart » en réduisant la propagation des ondes sonores. Sans entrer dans les détails trop techniques, il faut savoir qu'un bon traitement acoustique permet d'abaisser l'intensité du bruit d'environ 2 à 5 dB (A). Parmi les produits les plus souvent utilisés, on retrouvera notamment la laine de verre, la laine de roche, la mousse polyuréthanne à pores ouverts... Plusieurs organismes professionnels spécialisés vous aideront d'ailleurs à faire le meilleur choix selon le type d'isolation souhaité (voir encadré).
Dans les écoles, par exemple, en dehors de la pose de matériaux absorbants, des « petites » solutions peuvent être mises en oeuvre rapidement, efficacement et à moindre coût : embouts de feutre ou de caoutchouc sous les pieds des chaises et des tables, toiles cirées sous les assiettes, cloisonnettes dans les cantines... Pour les élus qui envisagent le traitement du bruit dans une politique moins « ponctuelle », reste également la possibilité d'élaborer un plan antibruit.
Il faut coordonner !
Comme toute action à mener sur le long terme, le Plan antibruit d'une commune doit être le fruit d'une réflexion en amont entre les différents partenaires de la ville. De la voirie aux écoles, en passant par les salles des fêtes et l'accueil des plaignants en mairie, il n'est pas un service qui doive être laissé de côté dans la phase d'élaboration.
La première mission du maire, ou de l'élu en charge des questions environnementales, sera de nommer un « Monsieur bruit » (surtout si la ville ne possède pas de service communal d'hygiène et de santé dont le médecin directeur peut assurer cette fonction), indispensable pour que les actions mises en place et les projets deviennent pérennes. Pour les petites communes, le Centre d'Information et de Documentation sur le Bruit (CIDB) et les DDASS seront de précieux partenaires par l'apport de conseils et d'aides techniques. Bien évidemment, on n'oubliera pas de faire appel aux associations locales (associations de quartiers, de riverains d'un aérodrome...) qui recensent généralement avec précision les problèmes que rencontrent les habitants. Ceci représente un double avantage puisque non contentes de vous informer, elles relayeront l'information de la marie vers les habitants, ce qui est indispensable pour qu'un Plan antibruit fonctionne au mieux. Une fois ce maillage mis en place et les problèmes de nuisances sonores recensés, il est temps de passer à la phase pratique.
Définir les actions
Généralement, les villes qui ont déjà mis en place un Plan antibruit ont tout d'abord procédé à une campagne d'information et de sensibilisation des habitants. Affiches, plaquettes et dépliants sont alors bien utiles pour rappeler à chacun que les sources de bruit sont sans doute les choses les mieux partagées, que chacun peut en être aussi bien la victime que le coupable... et que les dangers du bruit sont les mêmes pour tous.
Ensuite, une fois sensibilisés et informés, les administrés comprendront mieux la mise en place d'action « ciblées » : verbalisation de propriétaires de deux roues pétaradants, prise d'arrêtés limitant les horaires d'utilisation d'engins bruyants (tondeuses...) ou, comme à Dunkerque, concernant les animaux domestiques, l'interdiction de les laisser aboyer de jour comme de nuit, achat de d'engins de voirie insonorisés, électrification du parc de véhicules... On le voit, il est toujours possible de « faire plus » et de « faire mieux » pour peu qu'une ville s'en donne les moyens humains - avant tout - et techniques. En ce qui concerne les moyens financiers qui, comme pour nombre d'actions à mettre en oeuvre, sont le nerf de la guerre, des subventions peuvent êtres obtenues auprès de différentes institutions.
La prévention et le traitement des bruits de voisinage pourraient être considérablement améliorés dès lors que tous les acteurs concernés auront, d'une part, pris conscience de la réalité de l'altération de la qualité de vie et de la santé de ceux qui sont exposés aux nuisances sonores, d'autre part, la volonté de mettre en oeuvre des actions efficaces tendant à réduire fortement leur incidence. Il s'agit donc avant tout, au niveau local, d'une question de volonté, volonté d'être efficace et volonté de se donner les moyens de cette efficacité. La poudre aux yeux ne rend aveugle qu'une courte durée. Il faut donc s'inscrire dans la durée et la diversité compte tenu des multiples sources de bruit. Quant aux actions menées dans les communes et qui méritent d'être connues et utilisées selon les situations rencontrées, il faut les saluer car elles ont été et sont révélatrices d'une volonté d'élus et d'agents des collectivités de prévenir et de lutter contre ces bruits de tous les jours qui empoisonnent la vie de ceux qui les subissent.