Le maire concourt non seulement à l'exercice des « missions de sécurité publique » mais aussi à celles de « prévention de la délinquance ». Ces dispositions n'entraînent pas de transferts de compétences, mais renforcent les moyens d'une meilleure coordination entre le maire, l'État et d'autres collectivités locales.
Les outils réglementaires de mise en oeuvre de la politique de prévention de la délinquance sont multiples et permettent aux élus d'actionner plusieurs leviers dont certains concernent directement les familles. Le premier outil dont le maire dispose est « l'indispensable », il s'agit des conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) que le maire préside, et qui sont obligatoires dans les communes de plus de 10 000 habitants ainsi que dans les communes comprenant une zone urbaine sensible. Les autres communes conservent la faculté, si elles le souhaitent, de créer un CLSPD. Cette structure connaît ainsi une consécration législative pour la mise en oeuvre concrète de la politique locale de prévention de la délinquance. Le décret n° 2007-1126 du 23 juillet 2007, publié le 25 juillet 2007, fixe les conditions de création des conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance, mais aussi des conseils intercommunaux de sécurité et de prévention de la délinquance ainsi que les conditions de mise en oeuvre du plan de prévention de la délinquance dans le département.
La mise en commun d'agents de police municipale
L'article 4 de la loi a créé un nouveau dispositif permettant à plusieurs communes de mettre en commun, par convention, un ou plusieurs agents de police municipale ainsi que des équipements pour couvrir le territoire de l'ensemble des communes signataires. Ce dispositif a pour but de répondre aux difficultés rencontrées par les petites et moyennes communes qui n'ont pas toujours suffisamment de moyens pour assumer seules la charge d'une police municipale. Cette disposition concerne les communes de moins de 20 000 habitants formant un ensemble de moins de 50 000 habitants d'un seul tenant. Elles ne peuvent recourir à ce dispositif si elles sont membres d'un EPCI à fiscalité propre qui recrute lui-même des agents de police municipale pour les mettre à disposition de ses communes membres. Cette disposition permet de préserver les options intercommunales, en matière de recrutement d'agent de police municipale mises en oeuvre par les EPCI à fiscalité propre. Dans le cadre de la mise en commun entre communes, les agents de police municipale concernés sont de plein droit mis à disposition des autres communes par la commune qui les emploie et sont placés sous l'autorité du maire de la commune sur laquelle ils interviennent (cf. décret n° 2007-1283 du 28 août 2007).
Le conseil pour les droits et devoirs des familles
L'article 9 de la loi offre au maire la possibilité de mettre en place et de présider un conseil pour les droits et devoirs des familles (CDDF). Celui-ci permet au maire d'entendre les familles rencontrant des difficultés et d'envisager des solutions d'accompagnement et de soutien parental. La création du conseil relève de l'appréciation du conseil municipal. Conçu comme une instance de dialogue partenarial, le CDDF pourra réunir l'ensemble des acteurs intéressés par les problématiques de délinquance, d'action sociale, d'insertion, et d'action éducative. Le décret n° 2007-667 du 2 mai 2007 fixe la liste des représentants de l'État qui pourront être désignés par le préfet de département pour siéger au CDDF.
Enfin, le fonds d'intervention pour la prévention de la délinquance contenu dans l'article 5 de la loi crée un fonds d'intervention pour la prévention de la délinquance permettant à l'État d'apporter son soutien aux politiques locales de prévention.