Autorisée par le droit local (cf. encadré), la création à Strasbourg d'un cimetière confessionnel musulman, placé sous gestion publique, représente une première en France. Dès 1973, la ville de Strasbourg a créé au sein de ses cimetières des espaces destinés aux familles de confession musulmane qui souhaitaient inhumer leurs défunts sur le territoire alsacien dans la tradition musulmane. Aujourd'hui, ces « carrés musulmans » ne satisfont plus la demande croissante des familles qui, du fait de leur plus grande intégration, demandent moins souvent le retour au pays de leurs défunts.
Depuis sa constitution en 2003, le Conseil régional du culte musulman sollicitait la création d'un cimetière confessionnel musulman (au même titre que les religions concordataires), mais ce n'est qu'en 2008, sous l'impulsion de Roland Ries, qu'un groupe de travail a été constitué dans cette perspective. Il a rassemblé les représentants des associations musulmanes de la ville, autour d'Anne-Pernelle Richardot, adjointe au Maire déléguée à l'État civil, et d'Olivier Bitz, adjoint délégué aux Cultes.
Dix-huit mois plus tard, la convention qui a été signée le 7 octobre dernier également sur l'entretien des carrés musulmans existants. Ses règles seront alignées sur celles actuellement en vigueur pour les autres confessions et rappelleront notamment que l'entretien des tombes reste à la charge des familles. À Strasbourg, la religion musulmane est la troisième en nombre de pratiquants, et est estimée à environ 10 % de la population : une proportion supérieure à la moyenne nationale. L'actuelle municipalité a par ailleurs relancé le projet de construction d'une grande mosquée.