Les Allemands parlent de langue de béton, les Chinois de langue de plomb, les Cubains du tac-tac... quel que soit le nom qui la désigne, la langue de bois prospère sous toutes les latitudes. La langue de bois a une histoire que l'auteur fait commencer en 1789 : avec la Révolution française, pour la première fois, les mots deviennent infâmes ou nobles indépendamment de leur sens, suscitant un art oratoire magnifique d'ennui, dans lequel Saint-Just et surtout Robespierre vont passer maîtres. Et en période de crise, elle sait déployer des ressources insoupçonnées pour tourner autour du pot. Sa dernière invention, qui fera date, c'est le parler-vrai : la langue de bois finira bien par nous persuader qu'elle est morte, tant nos politiques font d'efforts pour parler aujourd'hui, disent-ils, comme tout le monde...