Organisé en collaboration avec le Conseil régional de Bretagne et l'Agence de l'Eau Loire-Bretagne, cette version 2013 du Carrefour de l'Eau propose de nombreuses conférences, tables rondes et témoignages, un salon professionnel avec la participation de plus de 250 exposants répartis en 5 pôles thématiques, ainsi qu'un hall dédié à l'assainissement.
Rennes, une ville bien choisie pour cette 14e édition puisque l'Agence de l'eau Loire-Bretagne a adopté son 10e programme pour les années 2013-2018. Celui-ci renforce les aides pour les projets nécessaires à la reconquête du bon état des eaux avec deux priorités : la lutte contre toutes les pollutions, notamment les pollutions diffuses, et la restauration des milieux aquatiques. Il répond aussi aux grandes priorités nationales de la politique de l'eau comme l'adaptation au changement climatique avec la maîtrise des prélèvements d'eau, la sécurité et la qualité de l'eau destinée à la consommation humaine, la solidarité entre les communes urbaines et les communes rurales, ou encore la protection du littoral et du milieu marin.
Ce programme va représenter, pour la période 2013-2018, un soutien de 2,45 MD€ aux investissements pour l'eau et les milieux aquatiques. Son financement est essentiellement assuré par les redevances acquittées par les usagers de l'eau. S'y ajoutent les retours des avances consenties antérieurement par l'Agence à des maîtres d'ouvrage. Le Comité de bassin qui a adopté ce programme après dix-huit mois de concertation souligne : « Notre priorité est maintenant de le mettre en œuvre, et pour cela de le faire connaître à l'ensemble des porteurs de projets pour l'eau et les milieux aquatiques. Le Carrefour est un rendez-vous important pour porter ce projet à la connaissance des acteurs des collectivités. Et nous allons poursuivre dans les semaines qui suivront en organisant des rencontres avec nos interlocuteurs dans neuf grandes villes du bassin. »
L'enjeu est là et c'est un vrai défi !
Pour Thierry Burlot, vice-président de la Région Bretagne, chargé de l'Aménagement territorial et environnemental, la politique de l'eau, outre ses aspects purement environnementaux, doit être conciliée avec le développement économique. En effet, la Bretagne constitue une entité hydrographique à elle seule liée à la structuration du massif armoricain. « Toute l'eau qui tombe en Bretagne s'écoule en Bretagne, ruisselle en Bretagne et se jette en Bretagne », explique l'élu qui ajoute : « Le constat est sans appel : c'est bien le développement économique et l'aménagement du territoire qui font la qualité de l'eau. Si la Bretagne souffre de la qualité de son eau, c'est parce que nous n'avons pas pris assez en compte cette problématique. Nous devons donc concilier le développement économique de notre région et la nécessaire reconquête de la qualité des eaux, aussi bien au niveau de ses rivières que de ses littoraux. L'enjeu est là et c'est un vrai défi ! »
Autre défi de taille, la décentralisation et la politique de l'eau. « Nous sommes attendus sur le sujet », précise Thierry Burlot. « Marylise Lebranchu, la ministre en charge du dossier, prend souvent pour référence la gestion de l'eau en Bretagne dans son discours sur l'expérimentation et l'exercice de compétences décentralisées. Si aujourd'hui la Région demande le droit à l'expérimentation sur l'eau, c'est avant tout pour concilier le développement de son territoire et la qualité de son eau. Il faut sortir d'une politique de l'eau purement environnementale, et donc uniquement sectorielle, et passer à une dimension d'aménagement du territoire et de développement économique. »
Une thématique qui sera reprise lors du Carrefour des gestions locales de l'eau et qui intéressera plus d'une collectivité.