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L’Anses et Atmo France lancent une campagne de mesure des pesticides dans l’air

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L’Anses et Atmo France lancent une campagne de mesure des pesticides dans l’air
Par Eva Gomez, le 30 novembre 2017
Afin d’améliorer les connaissances sur les pesticides dans l’air et la phytopharmacovigilance, l’Anses et Atmo France vont lancer dès 2018, une campagne exploratoire à échelle nationale. L’objectif : mesurer l’exposition des populations aux pesticides, leurs effets sur les écosystèmes et définir une stratégie nationale de surveillance.

Dès 2018, les Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) vont lancer une campagne nationale de mesure des pesticides dans l’air, qui s’appuie sur les recommandations de l’Anses. La campagne concernera 90 substances prioritaires, « identifiées en fonction de leur présence avérée dans l’air et de leur potentiel danger, en France métropolitaine comme dans les régions d’outre-mer », indique Atmo France, la fédération des AASQA. La convention et l’accord-cadre relatifs à cette campagne de mesure des pesticides dans l’air ont été signé mardi 28 novembre par l’Anses, Atmo France et le ministère de la transition écologique et solidaire.

Cette campagne entre dans le cadre de l’arrêté du 10 mai 2017 établissant le plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (Prepa) pour la période 2017-2021, qui prévoit d’évaluer et de réduire la présence des pesticides dans l’air. « Le retour d’expérience de cette campagne exploratoire permettra de définir potentiellement une stratégie nationale de surveillance en la matière », précise Atmo France. Elle permettra d’évaluer l’exposition moyenne des populations aux pesticides et d’identifier les situations de surexpositions, ou encore « de faire la part des choses entre les différentes expositions (air, eau, alimentation, contact) pour chacune des substances ». Les AASQA « collectent depuis près de 20 ans des données sur les concentrations en pesticides dans l’air ambiant », rappelle Atmo. « Ces premières campagnes territoriales ont permis de mettre en évidence la présence de pesticides dans l’air près des zones agricoles comme dans les villes, ainsi que de montrer que l’exposition par la voie aérienne représente une composante importante dans l’exposition totale aux pesticides ». Il s’agit donc avec cette nouvelle campagne, de systématiser la surveillance.

Fipronil, chlordécone ou glyphosate

Les 90 substances qui feront l’objet de cette campagne ont été listées par l’Anses en septembre dernier, dans un avis intitulé « Proposition de modalités pour une surveillances des pesticides dans l’air ambiant ». Parmi elles, le fipronil, le propyzamide, le chlordécone ou encore le chlorothalonil, et des substances « dont la pertinence de la surveillance est à confirmer avec les données de la campagne exploratoire ». C’est le cas du glyphosate, de l’aldrine, ou du glufosinate par exemple. Au-delà de la future campagne exploratoire, Atmo rappelle que l’Anses « pilote un dispositif de phytopharmacovigilance (PPV), dont les AASQA sont partenaires et qui vise à mieux connaître et évaluer les effets indésirables des pesticides sur la santé des écosystèmes ». Ce PPV a pour but d’analyser les données collectées par un réseau de surveillance. Pour les compléter, le PPV prévoit la réalisation d’études ponctuelles. Enfin, le dispositif comprend « le signalement spontané à l’Anses par les producteurs et utilisateurs de pesticides de toute information relative à un incident, accident, effet indésirable d’un pesticide ». Cette surveillance commune permettra de détecter les signes avant-coureurs des effets de ces produits sur la santé des abeilles notamment, afin de prendre les éventuelles mesures de prévention ou de limitation des risques au plus vite. 

Le protocole de suivi de la présence de pesticides dans l’air sera élaboré conjointement entre l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) et les AASQA. « La fiscalité sur les pesticides finance la majorité de cette campagne (via l’ANSES), l’autre partie de financement étant assurée via les crédits annuels du Ministère de la transition écologique et solidaire aux AASQA », indique Atmo France.
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