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D’après l’Anses, les néonicotinoïdes ne sont pas nocifs pour la santé humaine

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D’après l’Anses, les néonicotinoïdes ne sont pas nocifs pour la santé humaine
Par E.G, le 6 mars 2018
Selon un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) publié le lundi 5 mars, les pesticides néonicotinoïdes ne seraient pas nocifs pour la santé humaine. L’Agence recommande néanmoins de limiter au maximum l’utilisation du thiaclopride.

Lundi 5 mars, l’Anses a publié les conclusions de ses travaux d’expertise sur l’impact sur la santé humaine des substances néonicotinoïdes. A la demande des ministères de la santé et de la transition écologique, l’Agence a analysé les impacts de six substances néonicotinoïdes : « Pour des usages respectant les conditions d’emploi fixées par les autorisations de mise sur le marché », aucun effet nocif n’a été mis en évidence, indique l’Anses. Elle recommande néanmoins de « réduire au maximum » les usages du thiaclopride, qui comportent des danger et qui est autorisé dans cinq préparations destinées à l’usage professionnel. Cette attention particulière est motivée du fait de « l’accroissement important de son utilisation en tant que substance phytopharmaceutique constatée au cours de la période 2010-2015, et des incertitudes tenant aux expositions cumulées avec d’autres produits phytopharmaceutiques ou biocides présentant des caractéristiques de danger similaires », peut-on lire dans le rapport.

Par ailleurs, à la demande du ministère de l’agriculture, un rapport d’étape sur la comparaison des risques et bénéfices des phytopharmaceutiques à base de néonicotinoïdes avec ceux de leurs alternatives chimiques et non chimiques a également été publié le 5 mars. L’Anses rappelle que « l’interdiction de l’utilisation de produits phytopharmaceutiques ou semences traitées à base d’une ou des substances actives de la famille des néonicotinoïdes est prévue par la loi pour la reconquête de la biodiversité, dès le 1er septembre 2018 ». A noter que des dérogations pourront être accordées par arrêté conjoint aux ministres de l’agriculture, de l’environnement et de la santé, jusqu’au 1er juillet 2020. L’Anses a donc établi en mars 2017, une méthodologie comparative fondée sur quatre critères : l’efficacité, l’opérationnalité, la durabilité et la praticité de chaque méthode considérée. Dans le rapport publié le 5 mars, l’Anses applique cette méthodologie aux usages sur vigne, betterave industrielle et fourragère, céréales à paille, maïs et laitue. Par exemple, concernant la betterave, l’agence souligne que « les néonicotinoïdes en traitement de semences de betterave ont une action systémique permettant de lutter à la fois contre les ravageurs souterrains et aériens, et ainsi de protéger l’intégralité de la plante ». Si des alternatives chimiques existent, « il n’existe pas à l’heure actuelle d’alternatives non chimiques pour lutter contre les pucerons et les mouches, qui soient suffisamment efficaces et opérationnelles ». Des méthodes alternatives non chimiques, limitent néanmoins le niveau de population des ravageurs au sol, mais « aucune de ces méthodes n’assure à elle seule une efficacité suffisante ; une combinaison de plusieurs méthodes doit être envisagée dans le cadre d’une approche de lutte intégrée ».

Une combinaison de méthodes à envisager

« L’analyse présente également des indicateurs de risque qui permettent une comparaison des substances entre elles, qu’il s’agisse des risques pour l’Homme, pour l’environnement, ainsi que pour les organismes du sol, les organismes aquatiques, les oiseaux, les mammifères ou les pollinisateurs », précise l’Anses. Et l’évaluation des alternatives chimiques et non chimiques à l’usage des néonicotinoïdes fera l’objet d’un rapport final, qui sera publié au second trimestre 2018. « Il intègrera une mise à jour des alternatives chimiques autorisées ainsi que l’application des méthodologies de comparaison à l’ensemble des usages autorisés pour les produits à base de néonicotinoïdes. ». L’Agence souligne toutefois qu’une seule méthode ne saurait suffire, et qu’une « combinaison de méthodes devra donc être envisagée dans le cadre d’une approche de lutte intégrée ».
Photo : Anses
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