Née de l’association de six entreprises normandes et belges du secteur du lin et des composites, Linéo a mis au point un procédé original de production de préimprégnés à base d’un textile de lin et d’une résine thermodurcissable. « Notre objectif était de faire du lin une fibre de renfort et pas seulement une charge, comme c’était le cas jusqu’ici dans les pièces composites », explique François Vanfleteren, administrateur délégué de l’entreprise. Pour cela, il a fallu développer un procédé spécial de traitement du textile (ensimage) afin d’obtenir la bonne liaison entre la fibre et la résine. Le résultat est à la hauteur des attentes : le produit final (55 % de lin et 45 % de résine), affiche des propriétés mécaniques équivalentes aux composites fibres de verre (traction, rupture, flexion..), mais avec plus de légèreté. Cette technique de traitement et d’imprégnation a aussi pour intérêt de limiter la reprise en humidité à 2 % (comme le carbone ou le verre), qui constitue un obstacle actuel à l’utilisation des fibres végétales en composites. Un autre atout de ce nouveau composite est ses propriétés améliorées d’absorption des vibrations. Cela peut intéresser de nombreux secteurs industriels, dont celui des articles de sports ou de l’aéronautique. Une première application est déjà commercialisée : il s’agit d’un vélo haute performance commercialisé par Museewbike. Les premières productions de préimprégnés seront lancées en septembre sur le site d’un des actionnaires belges où se situe le prototype de production. Une usine devrait être construite d’ici dix-huit mois en Normandie.
Cécile Clicquot de Mentque, La lettre de l'Environnement
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