Comme de nombreux Provençaux, Serge Andréoni, le président du Gipreb (Groupement d'intérêt public pour la réhabilitation de l'étang de Berre), se souvient : « L'étang de Berre était une lagune méditerranéenne florissante ». Qu'en reste-t-il ? Après une plainte déposée par des pêcheurs, la France a été condamnée en 2004. Du coup, depuis 2005 et jusqu'en 2010, EDF, jugée responsable de l'asphyxie via la centrale de Saint-Chamas, a dû réduire ses rejets annuels d'eau douce et de limon. Dans la foulée, un suivi écologique a été confié au Gipreb. Mais à mi-chemin, Serge Andréoni assène : « Rien ne permet d'affirmer que l'étang est en état de guérison ». Toutefois, l'horizon s'éclaircit un peu : les pêcheurs ont récolté 200 000 tonnes de moules et 2 000 tonnes de naissains, tandis que quinze plages rouvrent cet été. En attendant les travaux pour rétablir une circulation de l'eau de mer, le Gipreb ne voit qu'une seule solution : la dérivation des rejets d'EDF vers le Rhône. L'étude technique achevée, reste à lancer l'étude socio-économique. Le chantier serait lourd (sept ans) et coûteux (1 à 2 milliards d'euros). Mais chacun y gagnerait. Notamment EDF, qui a vu la capacité de production de ses centrales en amont baisser de 70 % et pourrait donc la restaurer.