L'énergie est devenue le principal poste de dépenses pour la production des tomates sous serres en verre : elle représente 30 % du coût de production, soit 12 euros par mètre carré. « Nous avons déjà réduit la consommation de chauffage de 450 à 300 kWh/m2 en modifiant les pratiques culturales et en chauffant mieux : seulement à 13 °C et seulement la nuit, explique Michel Leroux, directeur de la station d'expérimentation régionale de Saint-Pol-de-Léon (29). Par ailleurs, nous avons mis au point des écrans thermiques qui diminuent la consommation de 15 à 20 %. » Ce procédé consiste à déployer automatiquement une bâche au-dessus des cultures pour éviter les déperditions de chaleur la nuit. Mais ce système génère de l'humidité, cause de maladies. Pour l'éviter, les producteurs chauffent les serres... Cercle vicieux ! Pour en sortir, la station teste quatre nouvelles serres. La première expérimente un déshumidificateur thermodynamique, un appareil qui fonctionne à l'électricité. Dans la deuxième, un puits canadien extrait l'air chaud intérieur le jour et réchauffe le sol par des gaines enterrées à 50 cm sous terre. À l'inverse la nuit, il aspire l'air froid. La troisième va tester une pompe à chaleur air-eau et le dernier compartiment sert de témoin. Premiers résultats attendus à la fin de l'année.