Les travaux de l’Eawag, institut de recherche sur l’eau, menés dans le cadre du projet Urbic, ont servi à évaluer le phénomène de relargage en laboratoire et sur un modèle réduit de maison exposée en plein air, en fonction de la pluie, des UV et de la température. Il ressort que les premières eaux ruisselant des façades fraîchement crépies ou peintes présentent des concentrations de biocides extrêmement élevées. Ainsi par exemple, une teneur de 7000 µg/l a été mesurée pour le diuron (algicide) dans le premier litre s’écoulant des façades. C’est d’autant plus inquiétant que certains de ces biocides sont interdits en agriculture pour leur toxicité.
Il est vrai, cependant, que les concentrations de polluant diminuent ensuite rapidement à mesure que les pluies se poursuivent ou se répètent. Les taux d’entraînement par lessivage dépendent aussi de la solubilité des différents produits, de leur degré de dégradation photochimique et des propriétés des peintures ou crépis utilisés.
Cécile Clicquot de Mentque, LLELe site de l'institut de recherche Eawag (en allemand)