Une équipe de l'université de Rice (Texas) a synthétisé des nanoparticules en forme de bâtonnets capables de piéger des gouttelettes d'hydrocarbures dans l'eau, ouvrant la voie à des solutions nouvelles de traitement pour les nappes d'hydrocarbures en surface ou souterraines. Ces bâtons sont en fait segmentés : un nanotube de carbone est complété à son extrémité par un segment en or, chaque partie apportant ses propriétés, « un peu comme une gomme au bout d'un crayon de papier », explique-t-on à l'université. En jouant sur les propriétés hydrophiles de l'or et hydrophobes du carbone, on obtient dans l'eau une réaction naturelle de regroupement des nanotubes composites autour des gouttelettes d'huile par leur extrémité carbonée. Cette encapsulation faite de millions de nanoparticules et visible par la couleur jaune de l'or facilite l'extraction des hydrocarbures. Les chercheurs ont aussi montré que l'application d'UV ou de champs magnétiques créait un choc suffisant sur ces ensembles pour libérer leur charge. Les tubes pourraient donc être réutilisés. L'équipe texane n'entend cependant pas se contenter d'une fonction de piégeage. Elle teste d'autres combinaisons de nanosegments, éventuellement avec des catalyseurs, qui pourraient dégrader le polluant piégé en composés non toxiques. Autre voie de travail : diffuser par cette technique des agents réactifs en contrôlant leur libération dans le milieu à dépolluer avec un stimulus externe.