1 Comment expliquer la bonne santé du marché du carbone ?
Le marché du CO2 est jeune et s'est créé à partir des obligations du protocole de Kyoto. L'Union européenne a imposé des quotas d'émissions à ses États membres, qui en ont imposé à leurs sites industriels. Dans une première phase, une attribution confortable de quotas liée à une réduction effective des émissions a conduit à un effondrement du prix de la tonne de carbone. Pour la phase 2008-2012, le contexte est différent car tous les mécanismes de Kyoto sont désormais opérationnels. Les premiers mois de l'année ont d'ailleurs vu un accroissement significatif des échanges, avec une tonne de carbone qui se négocie entre 20 et 30 euros. En 2007, le marché du carbone représentait déjà 47 milliards d'euros, le double de 2006. Il est probable que le durcissement de la réglementation, à travers une extension des secteurs industriels concernés, et la fin des quotas payants, le tout allié à l'entrée possible des États-Unis, vont encore contribuer à sa croissance.
2 Quels sont les acteurs présents aujourd'hui sur ce marché ?
On trouve principalement deux types d'acteurs. D'une part, des intermédiaires financiers qui vendent et achètent du carbone pour le compte d'industriels. D'autre part, des spécialistes de la vente de crédits, de petites sociétés indépendantes qui développent des projets dans les pays émergents pour récupérer les crédits correspondants et les revendre. Ils côtoient les filiales spécialisées de grands groupes industriels qui gèrent en direct leurs actifs carbone.
3 Quelle est l'attitude des industriels français ?
Du fait qu'ils ont moins d'efforts de réduction de CO2 à faire que leurs homologues européens, les industriels français sont plus passifs. La preuve, on ne trouve sur Blue Next, la Bourse française du carbone, que des énergéticiens (EDF, GDF), quelques cimentiers et des grands groupes industriels (Veolia, Rhodia), qui ont compris l'intérêt d'une gestion proactive de leur CO2. Il est probable que le passage à des quotas payants fera percevoir le carbone comme un coût et donc fera évoluer les stratégies.