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LES FIBRES VÉGÉTALES PRENNENT DU GALON

LA RÉDACTION, LE 1er DÉCEMBRE 2008
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Dans les années 1990, les premières pièces thermoformées pour l'automobile intégrant des fibres de lin ou de chanvre ont remporté un succès d'estime, mais dans des volumes limités. Aujourd'hui, les fibres végétales peuvent s'attaquer à des marchés à plus haute valeur ajoutée. « On s'intéresse de nouveau à cette ressource et à d'autres végétaux, notamment pour des questions énergétiques », témoigne un équipementier automobile. « On ressent depuis un an un regain d'intérêt », confirme Éric Prévost, directeur d'Apollor, centre de ressources technologiques spécialisé dans les polymères. Les explications se trouvent dans les atouts des fibres végétales : gain énergétique et réduction de matière première, légèreté, gain en sécurité, prix... Mais surtout, l'évolution des procédés, notamment l'injection, qui concerne de très gros volumes, ouvre de nouveaux horizons. Figure de ce renouveau, AFT Plasturgie développe depuis 2001 des granulés renforcés en chanvre pour l'injection dont la qualité technique tient à un traitement spécial des fibres assurant une bonne liaison avec le polymère. La société intégre ainsi 30 à 50 % de fibres dans le composite avec des propriétés mécaniques performantes, même sur la résistance au choc. « Les profilés pour le bâtiment sont en plein essor », note Gérard Mougin, le P-DG de l'entreprise, qui programme de nouvelles capacités de production. L'automobile aussi s'ouvre aux pièces injectées, en plus du thermoformage. PSA vient ainsi de référencer AFT comme fournisseur de pièces sous capot et de bases de rétroviseur. Mais pour tout cela, les industriels des composites végétaux ont dû résoudre des problèmes récurrents : les odeurs, la reprise d'eau et l'état de surface, à l'instar d'AFT Plasturgie qui a trouvé une solution sans additif pour réduire les odeurs en sélectionnant les fibres et en jouant sur la température du procédé. Autre avancée : Apollor propose de « rétifier » les fibres de bois (traitement thermique) pour éviter la reprise d'humidité. Enfin, l'aspect des pièces injectées a été amélioré grâce au procédé de double injection simultanée promue par Apollor (lire « Solutions » p. 100). « On injecte au coeur de la pièce un composite en fibres végétales qui apporte les propriétés mécaniques et la légèreté et en surface une fine couche de polymère vierge », explique Éric Prévost. Au-delà de ces avancées techniques et comme le signale un expert de l'automobile, il faudra s'assurer de la stabilité de l'offre si les volumes s'envolent, mais aussi de la stabilité qualitative en dépit de cultures variant d'une année à l'autre.


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