Pendant qu'EDF s'essaie à l'hydrolienne sous-marine (lire p. 59), David Adrian, ancien officier de marine, et son équipe d'élèves ingénieurs de l'Enib, à Brest, s'apprêtent à commercialiser une drôle de machine, à mi-chemin entre l'hydrolienne à hélice, exploitant les courants sous-marins, et la houlienne à pistons, posée à la surface de l'eau pour exploiter la houle. L'Hydro-Gen est une « hydrolienne », ainsi la catégorise David Adrian, basée sur un concept de grosses roues à aubes flottantes, insérées dans un catamaran-tuyère et amarrées par des lignes de mouillage sur le fond de la mer. Le mouvement de l'eau fait tourner la roue, laquelle actionne un rotor niché dans un stator et produit de l'électricité. « Une grosse unité peut fournir entre 1 et 3 MW avec 8 à 10 noeuds de courant », annonce David Adrian. Les machines peuvent être assemblées en « pattern » dans des zones réservées, y compris des sites mouillés peu profonds, dont des fleuves, estuaires, rias ou atolls. « Elles ne nécessitent pas d'infrastructures, de génie civil ni de permis de construire. Le courant est juste exporté vers la terre par un câble sous-marin », souligne David Adrian, qui imagine aussi une application en production d'hydrogène par électrolyse de l'eau. Basique, la technologie n'est pas coûteuse. En 2006, l'équipe a testé un prototype de 10 kW, dont elle a décliné quatre versions. Elle travaille maintenant sur une première machine commerciale à 20 kW, qui sera suivie par une gamme à 750 kW.