POUR
Étienne Gangneron
Président de la commission agriculture biologique de la FNSEA
« Nous avons milité pour la publication d'un règlement qui remplace le texte de 1992 et harmonise le système de dérogations jusqu'à présent mis en oeuvre par les États membres de l'UE. Le fait que l'Europe gère désormais ce mécanisme de flexibilité est une avancée en matière de transparence et limitera la distorsion de concurrence entre pays. Cela devrait conduire à un respect plus strict du cahier des charges de la bio en Europe, à limiter le nombre de dérogations et permettre de mieux encadrer le contrôle des agriculteurs. La même norme s'impose aujourd'hui à tous les organismes de contrôle européens et c'est un point de garantie supplémentaire pour la filière encore très dépendante des importations. Nous sommes d'ailleurs persuadés que l'agriculture bio française, qui applique déjà un niveau d'exigence élevé via son label national, va sortir gagnante. La notoriété de l'AB est telle que les consommateurs français continueront de l'apprécier et il y a vraiment peu de chances que les distributeurs le troquent contre le logo européen. »
CONTRE
Vincent Perrot
Délégué général de la Fnab (Fédération nationale d'agriculture biologique)
« Notre principal point de désaccord est que ce règlement nivelle les objectifs de l'agriculture biologique vers le bas au lieu d'améliorer le niveau d'exigence. Lorsque la Commission a lancé la révision du règlement en 2005, une grande partie de la profession demandait une prise en compte des progrès réalisés en matière agronomique, environnementale et sociale. Au final, on se retrouve avec un référentiel commun à tous les États membres, mais moins ambitieux que ce que nous attendions. L'absence de latitude nationale dans le nouveau règlement pose d'ailleurs le problème de notre marque nationale AB, qui perd sa spécificité par rapport au label européen. À l'instar de la Grande-Bretagne ou de l'Allemagne, nous avons décidé de réagir en créant dans l'année avec tous les partenaires de la filière une marque privée indépendante de la Fnab. Nous pourrons alors proposer un niveau d'exigence supérieur à la réglementation et une plus grande cohérence avec les fondamentaux de la bio.»