Les chercheurs du Biocritt du Limousin testeront cet été un nouveau protocole de mesure à J+1 des cyanotoxines dans les eaux destinées à la consommation humaine et de baignade, actuellement en cours de validation au laboratoire. Toxiques pour le foie ou le système nerveux, ces substances sont synthétisées par différentes cyanobactéries, dont elles trahissent la présence. « La direction régionale des affaires sanitaires et sociales nous a demandé de mettre au point un protocole de mesure plus rapide que ceux actuellement utilisés. Il existe déjà une norme Afnor qui définit une procédure pour trois types de cyanotoxines, les microcystines LR, YR et RR. Leur analyse peut prendre jusqu'à trois jours, et pour de nombreuses autres toxines moins étudiées, le délai dépasse la semaine », explique Matthieu Marsaudon, directeur du Biocritt. Ce qui n'est d'aucune utilité quand il faut rapidement décider d'interdire la baignade dans un plan d'eau... Les chercheurs ont donc identifié, en plus des microcystines, sept types de toxines répandues dans la région. « Pour le moment, nous ne pouvons pas créer de kit de terrain. Les prélèvements seront donc analysés par chromatographie au laboratoire. La véritable innovation réside en fait dans la procédure mise en place : le technicien de la Ddass qui effectue le prélèvement nous prévient immédiatement. Nous sommes ainsi prêts à son arrivée pour l'extraction et la purification de l'échantillon. Nous prévenons à notre tour à l'avance le toxicologue du CHU de Limoges qui l'analysera », détaille Matthieu Marsaudon.