Fin 2010, Energie de la Lune, spécialisée dans l'étude et l'installation de parcs hydroliens en France, projette d'immerger dans la Garonne, sous le pont de Pierre à Bordeaux, un prototype de 100 kW relié au réseau électrique. Les créateurs de cette société bordelaise, Marc Lafosse et Jérôme Cougoul, tous deux diplômés en océanographie, veulent tirer parti de la puissance du courant influencé par la marée, montante et descendante, qui caractérise cette partie de la Garonne. « Le positionnement du prototype dans l'axe du pont n'est pas un hasard. En effet, ses quinze piles fixées au fond du fleuve rétrécissent la section mouillée. Comme l'eau n'est pas compressible, nous constatons une accélération de sa vitesse, dont nous voulons profiter pour produire de l'énergie. Par exemple, à 500 mètres du pont, elle est de 2 mètres par seconde. Sous le pont, elle monte à 3,5 mètres par seconde », explique Marc Lafosse, directeur général. Une étude plus approfondie a permis d'évaluer que de petites hydroliennes pourraient fournir 20 % de la consommation de l'éclairage public de Bordeaux. En attendant l'installation de plusieurs unités capables de produire 4,8 GWh par an, Energie de la Lune cherche le développeur français capable de fabriquer le prototype. En complément de l'expérimentation qui mobilise un investissement de 1 million d'euros, il est prévu de mesurer l'impact du système sur le milieu grâce à une modélisation informatique.