Le désensablement du Mont-Saint-Michel commence. Depuis mai dernier, les huit vannes du barrage du Couesnon ont commencé leur valse : stockage de l'eau pendant la marée montante, relargage pendant la marée descendante, pour remettre les sédiments en suspension et les emmener vers le large. Pour l'instant, il ne s'agit que de chasses d'essai, mais leur efficacité est déjà visible sur quelques centaines de mètres. Lents et progressifs, ces lâchers d'eau seront plus conséquents une fois le Couesnon dragué, ce qui fera passer son volume de rétention de 400 000 à 1,7 million de mètres cubes. Ces travaux devraient débuter en 2010. « Avec cette installation, nous sommes sûrs de désensabler le Mont-Saint-Michel, même si nous ne savons pas avec certitude combien de temps sera nécessaire », explique Luc Weizmann, architecte de l'ouvrage. À terme, le mont retrouvera son insularité 155 jours par an, au lieu de 50 seulement actuellement. Les poissons migrateurs n'ont pas été oubliés. Deux écluses ont été ajoutées au projet initial, afin de laisser passer saumons, civelles, flets et mulets. Des aménagements ont été effectués pour le pélodyte ponctué, un amphibien protégé au niveau national. Par ailleurs, un suivi des espèces sera réalisé dans la baie dès cet automne. Ce barrage est la première étape du projet de désensablement du Mont-Saint-Michel, évoqué depuis 1913 et sur les rails depuis 2001. Il comprend également la destruction de la digue-route, qui sera remplacée par une passerelle légère en 2015. L'enveloppe globale se monte à 200 millions d'euros, dont 34,6 pour le barrage. Cependant, le désensablement ne portera que sur la petite baie, un espace de 40 km2 entre la chapelle Sainte-Anne et le bec d'Andain. Or, ce sont les 400 km2 de la grande baie (entre Granville et Cancale) qui sont concernés par l'ensablement, inéluctable sur cette zone.