De l'herbe que broutent les vaches suisses, Biomass Process Solutions ( BPS) fait des isolants de toitures, sols ou façades. Le procédé de cette société helvétique repose sur la séparation, dans une solution aqueuse, des fibres contenues en quantité encore conséquente dans les premières coupes, et du « jus » (les composants digestibles).
Après séchage, les fibres sont assemblées et rendues ininflammables grâce au borate, un additif minéral. Elles forment alors comme une toison, compactée par chauffage jusqu'à la densité voulue. Les plaques obtenues ont une épaisseur comprise entre 20 et 120 mm.
« Avec une chaleur massique de 2 000 J/kg, nos panneaux protègent mieux de la chaleur estivale que les laines minérales, et ils sont plus sains pour les poseurs. Côté bilan carbone, l'absorption de CO2 par les plantes compense le peu d'énergie nécessaire au séchage et au chauffage », plaide Stefan Grass, l'ingénieur agronome cofondateur de BPS. Les performances thermiques (lambda de conductibilité de 0,037 pour la version la plus courante à densité de 35 kg/ m3) sont analogues à celle des isolants classiques. La demande ne manque pas, assure BPS. Reste à développer la filière d'approvisionnement pour ce procédé « herbivore ». Pour l'instant, l'unique cultivateur à s'être prêté au jeu récolte 600 tonnes par an sur 80 hectares pour alimenter une unité de production encore modeste de 10 000 m3 de plaques, près de Lausanne. BPS cherche également des partenariats pour installer d'autres unités en Suisse ou à l'étranger, notamment en France.