Que faire des sédiments marins et fluviaux issus des dragages d'entretien et contaminés aux métaux lourds ? Avec le centre Chargeurs, recherches, études, applications textiles ( Creat), le groupe Baudelet a développé un procédé de piégeage de ces métaux (plomb, cadmium, nickel, chrome, arsenic, cuivre, etc.). « Les éléments polluants se retrouvent essentiellement dans les fines ou grains inférieurs à 100 µm », indique Arnaud Weber, ingénieur environnement chez Baudelet. La fraction de sédiments supérieurs à 100 µm peut être réutilisée, une fois son caractère inerte vérifié. Quant aux fines, elles sont stockées en solution aqueuse dans des bassins contenant des textiles échangeurs d'ions ou TEI. La désorption des métaux, à savoir leur décrochage de la matrice sol et leur transfert vers ces textiles, est accélérée par un complexant. Celui-ci joue le rôle de catalyseur et diminue la quantité d'eau nécessaire. Un TEI peut capter et retenir d'un à six métaux lourds. Le produit issu du traitement est un matériau inerte, valorisable. « Techniquement, il est possible de récupérer les métaux piégés dans les textiles et de les valoriser », ajoute Jean-Marie Debert, directeur R & D du groupe. Mais les TEI chargés vont actuellement en centres d'enfouissement de classe II, en raison de la faible quantité de sédiments traités. En juillet dernier, le groupe a déposé un dossier de pilote industriel. Arnaud Weber imagine que « les premiers sédiments devraient passer dans les installations à la fin de l'année ».