Dans le cadre du programme de recherche européen Watersafe visant à la construction de systèmes de détection rapide de contamination et de dépollution en temps réel du réseau d'eau potable, deux laboratoires du CEA ont développé de nouvelles membranes de décontamination activées par ultraviolets (UV). Recouvertes de dioxyde de titane (TiO2), elles utilisent le principe de photocatalyse par UV pour détruire les contaminants biologiques et chimiques. Si la technique est classique, le laboratoire des fluides supercritiques et des membranes de Marcoule (LFSM) et le laboratoire des technologies de surface de Grenoble (LTS) innovent tant sur le plan de la technique de pose du TiO2 que sur l'utilisation de lampes à diodes électroluminescentes (Leds). Les deux techniques de dépôt de TiO2 développées, l'une par voie-gel assistée par CO2 supercritique (cf. photo ci-dessus d'une observation au microscope électronique à balayage d'une nanopoudre de TiO2 obtenue ainsi) et l'autre par voie chimique en phase vapeur, permettent de déposer des particules ultrafines et d'obtenir une structure augmentant la surface active du catalyseur. Quant aux lampes UV à diodes électroluminescentes, elles présentent un double intérêt environnemental : une durée de vie de dix ans, au lieu d'un an pour les lampes à mercure, et une absence de matières dangereuses. Si le CEA a déposé un brevet sur un système de décontamination par ultraviolets au plus près de la couche filtrante, une application sur les réseaux d'eau potable n'existe pas encore.