Le groupe Total constitue NanoPV, une équipe de recherche avec l'école Polytechnique et le CNRS. Objectif : développer une technologie de cellules photovoltaïques en couches minces, basées non pas sur le CIGS (cadmium, indium, gallium, sélénium) ou le CdTe (tellurure de cadmium), mais sur la voie plus classique du silicium amorphe, considérée par certains acteurs comme dépassée. Alors que le CIGS et le CdTe posent des problèmes de toxicité liés au cadmium, mais aussi de disponibilité, à terme, de l'indium et du tellurure, le silicium est très abondant. Deuxième argument, la filière silicium est maîtrisée industriellement, notamment pour les applications dans l'électronique. Mais, surtout, l'équipe va travailler sur des structures nanométriques, déposées sur différents substrats (verre, polymère, métal) à l'aide de précurseurs gazeux, qui permettent d'associer différents éléments et obtenir les propriétés recherchées. Enfin, le silicium amorphe serait plus adapté à la capture du rayonnement solaire diffus et donc à la production d'électricité en début et en fin de journée, soit quand on en a besoin. L'industrialisation d'une solution compétitive, offrant un rendement de 14 %, est prévue d'ici quatre à cinq ans.