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3-DÉFINIR UN PLAN D'ACTION

LA RÉDACTION, LE 1er AVRIL 2010
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Comment les entreprises doivent-elles réagir quand elles constatent, chez un fournisseur, des lacunes incompatibles avec leurs exigences sociales ou environnementales ? Sur ce point, tout reste à faire, car même les plus avancées en matière d'évaluation défrichent à peine ce terrain. Elles constatent néanmoins que des points faibles sur des enjeux d'écoresponsabilité reflètent un problème plus global, qui peut se répercuter sur la qualité des produits, avec des conséquences économiques. La réponse la plus radicale consiste à couper court à la prestation, ce qui n'est guère satisfaisant. « Nous mettons parfois la pression sur des fournisseurs, mais aller jusqu'à l'exclusion du portefeuille d'achats ne répond pas à notre approche, avant tout constructive. Nous exigeons donc la mise en oeuvre d'un plan d'action et nous nous efforçons de renouer le dialogue, même si ce n'est pas évident dans certains pays », reconnaît Pierre-Louis Frouein, chez Alcatel. « Lorsque l'entreprise est implantée dans le pays du fournisseur, cela peut aider. Là où nous intervenons pour notre compte, via nos bureaux indien et chinois, nous constatons parfois qu'il faut tout reprendre de zéro, par exemple sur le bon entreposage des produits », ajoute Valérie de Robillard, du cabinet Kepler. Pour aider les entreprises à établir ces plans de progrès, l'Afnor a publié un fascicule qui s'appuie sur les préconisations du guide SD 21000. Il propose par exemple aux acheteurs d'accompagner leurs fournisseurs dans « l'identification d'opportunités visant à introduire des critères environnementaux ou sociaux », ou de tendre vers un modèle de « codéveloppement » pour de nouveaux produits ou prestations. Dans tous les cas, une certaine souplesse s'impose, notamment pour trouver des solutions compatibles avec des cultures du travail qui, elles, sont loin d'être standardisées. Chez Bell, cela se concrétise par un suivi des progrès réalisés sur des produits de second rang. « On responsabilise ainsi les fabricants chinois de gadgets insérés à nos emballages afin que leur mode de conception réponde à nos attentes. Mais si on les tire en avant, c'est pour être capables de répondre nous-mêmes aux exigences de nos clients de la grande distribution. Mettre en place avec un fournisseur une démarche d'amélioration conjointe nous apporte une meilleure compréhension de sa maturité industrielle et du rôle qu'il joue dans l'écosystème de l'entreprise », conclut Stéphane Paillot, directeur des achats du groupe.


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