Créée il y a deux ans, la société Innoveox va construire un prototype utilisant l'oxydation hydrothermale supercritique pour traiter 100 litres par heure d'effluents industriels dangereux, issus de la pétrochimie et de la pharmacie. Le procédé consiste à injecter de l'oxygène liquide (à 300 bars) dans un réacteur sous pression (221 bars) et chauffé à 250 °C. « Dans ces conditions, la matière organique est dégradée à 99,99 % en l'espace d'une minute », affirme Jean-Christophe Lépine, président d'Innoveox. Et sans émissions gazeuses : le CO2 surnageant est utilisé pour d'autres applications.
Pendant la combustion, la température atteint jusqu'à 550 °C. Cet excédent de chaleur est récupéré via un échangeur et réintroduit dans le circuit. Au fond du réacteur, un godet récupère la matière minérale précipitée à 97 % ainsi que les métaux. Insecticides, PCB, virus et autres oxydes d'azote (NOx) sont également dégradés lors de la réaction. Les sous-produits sont éliminés aisément via des traitements physico-chimiques classiques. « L'acide chlorhydrique issu des composés chlorés est traité avec de la soude pour produire du chlorure de sodium, le sel », déclare François Cansell, directeur général de l'institut polytechnique de Bordeaux et inventeur du procédé. « Le coût de traitement est faible et les coûts de fabrication encore élevés baisseront progressivement avec l'industrialisation du procédé », espère Jean-Christophe Lépine.