CONTRE
Jean-Luc Dupont, président du Syndicat intercommunal d'énergie d'Indre-et-Loire, adhérent de la FNCCR
Un décret, publié en toute discrétion le 2 septembre, oblige les gestionnaires de réseaux à installer des compteurs communicants, sans attendre la fin de l'expérimentation d'ERDF dans les agglomérations tourangelle et lyonnaise. Elle devra même prendre fin dès le 31 décembre, alors que la pose est loin d'être achevée : sur les 100 000 compteurs prévus dans les 150 communes de notre syndicat, 40 % sont installés. Qui plus est, l'opération est financée par le consommateur, alors qu'il n'en tire aucun bénéfice : des fonctions comme l'effacement diffus ou l'affichage des consommations dans le logement ne sont pas prévues. À raison de 1 à 2 euros par mois selon ERDF, le coût pour l'abonné sera de 120 à 240 euros sur dix ans, soit un marché de 4 à 8 milliards pour couvrir la France, opération qui doit être achevée fin 2016 selon le décret. Pourtant la directive européenne du 13 juillet 2009 fixe comme échéance la fin de 2020.
POUR
François Blanc, directeur du projet Linky à ERDF
Ce décret est positif, car il affirme la volonté de l'État de respecter les objectifs de Bruxelles d'équiper de systèmes de comptage intelligent au moins 20 % des foyers européens en 2020. Le compteur Linky offre au client de nombreux avantages : relevé à distance, facture basée sur la consommation réelle, changement de puissance, plus de souplesse pour appliquer des tarifs différents, détection des pannes et intervention plus rapides sur le réseau basse tension. Acquitter 1 euro par mois, notre dernière estimation, nous semble raisonnable. Durant l'expérimentation, nous n'avons pas, volontairement, activé toutes les fonctions. Celles-ci seront d'ailleurs enrichies avec un deuxième type de compteur, qui offrira une liaison radio permettant de suivre sa consommation sur un PC mais aussi l'effacement diffus.