Redevance incitative suspendue pour cause d'apaisement ! À Saint-Marcellin et dans 44 communes alentours du Sud-Grésivaudan, les conteneurs semi-enterrés sont toujours là, les badges pour les ouvrir aussi, mais la tarification du service, redevenue forfaitaire début janvier, n'a plus rien d'incitatif. « C'est un véritable gâchis. Nous ne sommes pas opposés à la tarification incitative, mais à la façon dont elle a été mise en place », peste Emmanuel Farhi, président de l'Association de réflexion sur la collecte des ordures ménagères (Arco) qui a pris la tête de la fronde. Communication insuffisante, dysfonctionnements techniques, suppression de la collecte en porte-à-porte, explosion des factures, insalubrité, les griefs sont nombreux. « Les élus nous ont fait miroiter des économies, mais certains ont vu leur facture dou bler ! Supprimer la collecte en porte-à-porte dans des zones agglo mérées de plus de 500 habitants est en outre interdit », fulmine Emmanuel Farhi, qui a signalé plusieurs autres points litigieux à la préfecture. Celle-ci a accordé une dérogation au Syctom, à condition notamment qu'il commande un audit indépendant, à la fois technique, sanitaire et de satisfaction. Les résultats devraient tomber en septembre. « Ceux qui perçoivent le système comme cher ou répressif sont ceux qui ne trient pas ! Et personne n'a vu sa facture doubler. Notre erreur a été de ne pas laisser la population s'habituer au nouveau système de collecte avant d'instaurer la nouvelle tarification », reconnaît Richard Verney, directeur du Syctom. « Une partie de la population s'est braquée, car la commu ni ca tion de départ a été très mauvaise et que les soucis techniques n'ont pas été assez rapidement réglés, regrette Sébastien Goguet, de l'association Espace nature Isère. Mais, rappelons que la rede vance incitative n'est que suspendue. »