Un peu plus d'un an après l'ouverture du nouveau centre hospitalier Alpes-Léman, le Groupement de recherche Rhône-Alpes sur les infrastructures et l'eau (Graie) a livré les premiers résultats du projet Sipibel (site pilote de Bellecombe). Doté de 700 000 euros de financements publics, il est né d'une belle opportunité technique : la possibilité qu'offre la station d'épuration de Bellecombe de traiter séparément les effluents domestiques du syndicat des eaux des Rocailles et les rejets de l'hôpital. « Après le constat de l'état initial, plus de 100 paramètres sont aujourd'hui suivis, des micropolluants aux indices biologiques de qualité de la rivière, en passant par l'écotoxicité, la génotoxicité, l'antibiorésis-tance et le potentiel de perturbation endocrinienne », détaille Élodie Brelot, directrice du Graie. Les premiers résultats confirment les grandes tendances observées dans d'autres programmes nationaux ou européens : si les concentrations en micropolluants sont plus importantes dans les effluents hospitaliers, les rejets urbains représentent près de 95 % des flux totaux. Le dispositif évalue également l'efficacité du traitement bio logique sur les résidus médicamenteux. Alors qu'on atteint 99 % d'abattement pour le paracétamol, d'autres molécules voient leur concentration augmenter au cours du traitement ! Un appel à projets public sera pro chai-nement lancé pour encourager collectivités et scientifiques à collaborer sur ces questions et tester les orientations des plans nationaux sur les micropolluants et les résidus de médicaments. « La démarche du Sipibel correspond tout à fait au type de candidatures attendues », précise Edwige Duclay, au ministère de l'Écologie .