En acquérant 2,8 ha dans la plaine de la Brague, le conservatoire d'espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d'Azur (CEN Paca) et la ville d'Antibes-Juan-les-Pins ont sauvé les toutes dernières prairies humides du littoral des Alpes-Maritimes. « Il n'y a presque plus d'eau douce sauvage le long du littoral », se désole Vincent Kulesza, le président du CEN Paca. Ces prairies en bordure de cours d'eau sont pourtant des zones d'expansion des crues. Par ailleurs, un premier inventaire de la flore a déjà mis en évidence la présence de cinq espèces végétales protégées sur ce site. Avec l'aide du syndicat local de la qualité des eaux (Siaqueba), les deux partenaires ont monté un dossier environnemental permettant la préemption des terrains par la Société d'aménagement foncier et d'établissement rural (Safer). « Avec 2,8 hectares, la démarche est symbolique. L'idée est plutôt d'utiliser ce site à des fins pédagogiques », reconnaît Vincent Kulesza. Un plan de gestion sera validé dans les prochains mois, mais plusieurs actions sont déjà prévues : fauchage tardif, broyage des ronces et restauration des canaux. Le CEN souhaite aussi implanter des caillebotis sur une partie du site afin de l'ouvrir au public sans redouter les piétinements. Cette opération de rachat a coûté 380 000 euros, dont 200 000 financés en fonds propres et plusieurs aides de l'agence de l'eau, du Feder et d'Escota, une filiale de Vinci Autoroutes partenaire régulier du CEN.