1 Le Conseil constitutionnel a invalidé le décret Bois du 15 mars 2010 à la suite d'une saisine des professionnels du ciment et du béton. Votre réaction à l'annonce de la nouvelle ?
Une forte déception pour ne pas dire plus. Presque une injustice ! Le Conseil constitutionnel ne juge en rien sur le fond, dans le sens où il ne remet pas en cause les qualités environnementales bien connues du bois. Mais, finalement, avec le recul, je vois plus cette décision comme une petite péripétie. Il y a forcément des hauts et des bas dans une vie professionnelle.
2 Car la dynamique a déjà été lancée ?
Oui. Il est en outre trop tôt pour mesurer les conséquences de l'annulation de ce décret qui avait donné un signal fort au monde de la construction. Au-delà des querelles entre professionnels du béton, du ciment…, le bois répond à la demande et aux besoins des Français. Selon un sondage que nous avons fait réaliser, la moitié d'entre eux souhaiteraient construire ou rénover en bois. Les promoteurs immobiliers nous rapportent aussi que les opérations mixtes bois-béton sont très appréciées de la clientèle. Le résultat le plus important est là ! En construisant collèges ou salles des fêtes, les collectivités locales soutiennent par ailleurs la filière bois depuis une dizaine d'années. Elles n'ont pas attendu le décret. Je ne crois pas non plus que cette annulation coupe l'élan donné aux majors, comme Vinci, Bouygues ou Eiffage.
3 Vous êtes donc confiant pour l'avenir ?
Cela fait vingt ans que j'ai des responsabilités dans la filière. Les portes n'ont paradoxalement jamais été aussi ouvertes ! Le projet de loi d'Avenir pour l'agriculture, l'agroalimentaire et la forêt, théoriquement prévu en septembre (il y aura sans doute du retard), devrait acter la création d'un Fonds forêt-bois et d'un comité stratégique de filière au sein du Conseil national de l'industrie. Cela aurait le mérite de réunir la filière qui a déjà fait d'importants efforts de structuration en créant deux grandes organisations : France-bois-forêt pour l'amont et le FBIE en aval. Aujourd'hui, nous allons ensemble, ou nous nous représentons mutuellement, aux réunions ministérielles.