Le cri d'alarme a retenti lors du dernier congrès mondial des bâtiments végétalisés : il manque en France des règles de bonnes pratiques pour tirer vers le haut la qualité des toitures végétalisées. « Si bien que les réalisations actuelles sont d'un piètre niveau », juge un brin sévèrement Philippe Peiger, paysagiste et président de Nature en toit. Credo de cette association : dépasser le discours ambiant très technique (étanchéité du toit, épaisseur du substrat, contrainte de charge) pour s'intéresser au cœur du sujet, c'est-à-dire au végétal et à ce qu'il apporte au bâtiment et ses habitants. Certes, on ne part pas de zéro. Des règles professionnelles édictées par l'Association pour le développement et l'innovation sur la végétalisation extensive des toitures (Adivet) encadrent depuis cinq ans la conception de ces aménagements haut perchés. Avis technique à fournir et cahiers de prescription de pose limitent les déconvenues. Mais les étancheurs dominent la partie et l'approche horticole est souvent réduite à peau de chagrin. Un partenariat signé en septembre entre Adivet et Plante et cité esquisse un rapprochement entre ces deux métiers. Selon Philippe Bonnet, vice-président de l'Adivet, « ces liens mériteraient d'être consolidés mais inutile de réglementer davantage. En l'état actuel, les maîtres d'ouvrage et concepteurs ont toutes les cartes en main pour viser des réalisations performantes ». Pour Philippe Peiger, le salut viendra des référentiels. « D'autres États membres, comme l'Autriche, sont très avancés en la matière. Se doter de référentiels permettrait de mesurer les progrès de la pratique, d'encourager à partir de là des formations interprofessionnelles et de valoriser les réalisations remarquables. »