L'ADN environnemental, ou ADNe, pourrait bien simplifier les inventaires de biodiversité. La société Spygen, issue du Laboratoire d'écologie alpine (Leca), propose d'identifier les espèces présentes dans un milieu à partir de l'ADN qu'elles y laissent. Des échantillons d'eau sont collectés dans une mare et soumis à des techniques d'amplification et/ ou de séquençage de l'ADN. Une technique qui permet de cibler des espèces rares ou bien des espèces invasives de manière précoce. Cela pourrait aussi servir d'outil de veille à grande échelle afin de limiter les coûts d'inventaire. Avec l'ADNe, il serait dix fois plus faible qu'une pêche électrique classique. Spygen propose déjà ses services et a travaillé sur l'inventaire de la grenouille taureau dans le Sud-Ouest, une espèce invasive, ou dans les marais camarguais sur la cistude d'Europe, une tortue menacée de disparition. L'entreprise travaille maintenant à une méthode d'échantillonnage qui puisse rendre compte de la répartition des espèces dans le milieu, grâce à des prélèvements en continu sur tout le site grâce à un bateau télécommandé. La société travaille aussi en partenariat avec l'Irstea pour fiabiliser l'outil sur les cours d'eau ou les grands milieux (lacs, barrages).