Tortues étoilées de Madagascar saisies mi-décembre à Roissy (déclarées comme concombres de mer dans un container), oiseaux exotiques en provenance du Brésil interceptés à Nice (oeufs cachés à même le corps), recrudescence de permis d'exportation signés pour des défenses d'éléphants d'Afrique, menus trafics de tortues d’Hermann ci-et-là démantelés... « Zone de transit, la France doit balayer devant sa porte en matière de commerce d'espèces menacées », explique Bruno Manin, colonel et directeur de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp). Le commerce d'ivoire brut inquiète plus particulièrement une trentaine d'ONG européennes, africaines, américaines et asiatiques qui, le 20 janvier, viennent d'exiger plus d'efforts de la part du gouvernement français. Parmi elles, l'IFAW (Fonds international pour la protection des animaux), discrète mais efficace association qui lutte contre le trafic d'animaux sauvages, allant même jusqu'à financer des postes chez Interpol, surveille de près le commerce en ligne où, sur 280 sites internet accessibles au public dans seize pays dont la France, l'ivoire domine selon un rapport qu'elle a publié en novembre dernier. La demande des pays asiatiques, notamment de la Chine, est décrite comme « insatiable ». « Il y a des failles dans l'encadrement et le contrôle du commerce », dénoncent les ONG. Ne traînant pas pour réagir, le ministère de l'Ecologie va réunir ces organisations et étudier la possibilité de renforcer et d'aligner les règles françaises sur la législation la plus avancée.MBLe site de l'IFAW